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SCÈNE IV

HONORIUS, THERMANTIK, PLACIDTE.

STILICON, MUTIAN, LUCILE.

HONORIUS, à Thermantie, Ah, madame!

THERMANTIK.

Ah, seigneur! Que vient-on de me dire?

HONORIUS

Ce qui m'arrache l'âme, Euchérius conspire, El l'ingrat, qu'au remords en vain j'ai cru forcer, Aime son crime assez pour ne rien confesser; Mais ma sœur nous en peut éclaircir l'entreprise.

PLACIDtB.

Lui, conspirer, seigneur?

HONORIUS

En ètes-vous surprise?

Et vous étonnez-vous que pour vous mériter An trône de son maître il aspire à monter? La loi qu'à son amour votre orgueil en impose, Soutient avec éclat le sang de Théodose, Et ces dignes complots dontje préviens les coups, llemplissentia fierté qu'il exige de vous.

PLACiDiE. [dre,

Si j'ai tout le pouvoir qu'en moi vous semblez crain- Cette fierté, seigneur, m'autorise à me plaindre, Et prendre pour affront l'indigne emportement Qui dans un criminel veut trouver mon amant. L'amour qu'à ses pareils une princesse imprime, Rend le cœur qu'il occupe incapable de crime; Et pour Euchérius ce droit est si puissant, Que s'il m'aime en efTet, il doit être innocent; Ma vertu fait sa règle en tout ce qu'il peut faire. D'un peu d'orgueil peut-être elle a le caractère, L'éclat d'un sang illustre est son plus cher appas, Mais un si noble orgueil n'inspire rien de bas. S'il tient l'ardeur du trône et douce et légitime, Il sait la dédaigner dès qu'il en coûte un crime; Et c'est d'Euchérius connaître mal la foi, Que vouloir présumer qu'il conspire pour moi. Qu'on me réponde en lui d'un amour véritable, Je répondrai qu'à tort vous le croyez coupable, El qu'il me connaît trop pour s'ôtre enfin flatté De surprendre mon cœur par une lâcheté.

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