HONORIUS, PLACIDIE, LUCILE
Ma sœur, quel coup de foudre !
Hmé tout à coup dans un gouffre d'ennuis, indonné, trahi, sais-je encor qui je suis?
Je perds Euchérius, et ma douleur amère. Cherchant son assassin, le trouve dans son père. 0 rigueur du destin à ma peine endurci ! C'est le perdre deux fois, que de le perdre ainsi. Dans l'arrêt où déjà je me crois voir contraindre. Tous deux également rendent mon sort à plaindre ; Et je les vois tous deux, pour surcroît de douleur, L'un m'exposer son crime, et l'autre son malheur. Fut-il jamais un mal comme le mien extrême? Je chéris Slilicon à l'égal de moi-même; Et de cette tendresse où vole tout mon cœur. Au seul Euchérius je partage l'ardeur.
Plein de ces sentiments, un revers effroyable Me fait voir le fils mort, et le père coupable ; Et sa fatalité qu'on n'a su prévenir, Quand j'ai l'un à pleurer, m'offre l'autre à punir. 0 toi, dont la vertu toujours brillante et pure Presse mon amitié de venger ton injure. D'un si cruel devoir daigne me dispenser, Ou me donne du sang que je puisse verser ! Si c'est le criminel qui te doit satisfaire. Je ne trouve à l'offrir que celui de ton père ; Et son crime à punir, dans ton funeste sort, Passe toute l'horreur où me plonge la mort. Ah ! que n'a-t-on souffert qu'aux dépens de ma vie Un coupable si cher assouvît son envie? Ce revers eût peut-être été moins important, Il vivrait satisfait, je serais mort content. Cette triste grandeur, dont l'éclat me demeure. Ne vaut pas rembarras, ni la mort que je pleure. Mais où m'ont emporté ces regrets superflus. Tandis que Slilicon...