LE GALANT DOUBLÉ, ACTE II, SCÈNE II
D. FERNAND
Que je suis arrivé, don Juan?
D. JUAN
Que vous Têtes.
En vain j'ai cru tenir toutes choses secrètes, Ayant été dès hier par Guzman averti Du long temps qu'il vous sait de Séville parti ; Et, de notre amitié sachant l'étroite chaîne, n est venu chez moi me témoigner sa peine.
D. FBRNAND.
Vous n'avez point alors tâché de Tabuser?
D JUAN
Après ce qu'il savait, qu*avais-je à déguiser? Votre arrivée ici se pouvait-elle taire?
D. FBRNAND.
De mon secret sans doute il est fort en colère? Qa*aura-t-il cru de moi de ne Tavoir point vu?
D. JUAN
: Oue de votre combat c*est Teffet imprévu, [ Et, qu'avant que le voir, vous jugez nécessaire D'attendre quelque temps le succès de Paffaire.
D. FRRNAND.
Qad malheur!
D. JUAN
Cependant j'ai promis qu'aujourd'hui, Aiisqae vous étiez libre, il vous verrait chez lui; C^à vous d'y songer, ma parole est donnée.
D. FBRNAND.
Qoel prétexte choisir pour rompre l'hyménée? L'amour me cause ici d'étranges embarras.
! D. JUAN
; Je n'entreprendrai point d'en combattre l'appas ; j Mais voyez Léonor, elle est sage, elle est belle; [ Et ce que vous aimez vaut peut-être moins qu'elle.
I D. FBRNAND.
' Ah I Ne m'en parlez point, Léonor me déplaît.
O. JUAN
Sans la voir, sur son nom vous en donnez l'arrêt?
D. FBRNAND.
Je ne la puis souffrir.
GUZMAN
La pauvre délaissée I . Monsieur, si par hasard elle était fort pressée, ; Et qu'à vous en défaire on vous vit empêché, ! Pour vous faire plaisir je prendrais le marché.
J D. JUAN
' Gitzman a le goût bon.
D. FBRNAND.
n faut voir l'inconnue.
En rétat où je suis, tout dépend de sa vue ; Son destin éclaîrci pourra régler le mien.
D. JUAN
Vojez-la, mais enfin ne précipitez rien.