SCÈNE I D. DIÈGUE, ISABELLE, BÉATRDL
D. DlâGUB.
N'en soyez point surprise, 6 charmante Isabelle, D'un bruit sourd et confus j'en ai su la nouvelle; Et comme rien pour moi ne peut être plus doux, Je m'en suis cru devoir expliquer avec vous. Excusez pour un fils ma tendresse de père. Je sais que don Félix s'étudie à vous plaire ; Et j'aurai grande joie aie voir sous vos lois, S'il a su mériter l'honneur de votre choix. Vous connaissez mon bien, vous savez ma famille, L'amitié semble étroite entre vous et ma fille ; El pour elle et pour moi je me tiendrais heureux Que l'alliance encore en redoublât les nœuds.
ISABBLLB.
Cet hymen proposé me fait voir tant d'estime, Que l'espoir m'en parait à peine légitime. Je ne cèlerai point que ce peu de beauté M'acquiert de don Félix quelque civilité. Mais, monsieur, un dessein d'une telle importance, Avant qu'aller plus loin vaut bien que l'on y pense ; El, quoiqu'aucun n'ait droit de contraindre ma foi, Je dois en consulter de plus sages que moi. Je sais de leurs conseils ce que je puis attendre ; Et c'est de Léonor que je le voudrais prendre, Si, comme elle est sa sœur, les intérêls du sang, Auprès de l'amitié, n'étaient d'un autre rang.
D. DIÈGUB.
D'un si fâcheux délai quelle que soit la suite. Je ne puis qu'admirer votre sage conduite ; Et, si vos sentiments se déclarent pour nous. J'emploierai Léonor à les savoir de vous. L'époux qu'elle attendait, arrivé de Séville, Va déjà commencer la joie en ma famille; Et, comblant d'heur un fils qui se sent captiver, C'est votre seul aveu qui la peut achever. Le ciel daigne en hâter l'heureuse incertitude.