SCÈNE V HÉSIONE, SOSTRATE
HÊSIONE.
tjtos, Sostrate, il est tempsque je t'ouvre mon âme Ssr l'espoir, dont enfin tu peux flatter ta flamme. Ifô^ÎQsde mon orgueil en poursuivent l'aveu?
lidase, le respect accompagne mon feu.
Ssorix jusqu^à vous en a porté l'audace; Jais, quoique son appui combatte ma disgrâce, ^OQs me pouvez toujours défendre d'espérer, SiDs que mon cœur jamais en ose murmurer.
HÉSIONE
Ta me l'as fait paraître, et j'aurais lieu, sans doute, Dadmirer les efforts que ton respect te coûte, îid'on charme trompeur ton esprit combattu délaissait contre moi séduire ta vertu.
h foi pour Sinorix cherche à gagner la reine?
SOSTRATE
fers toute autre ce soin pourrait vous mettre en labtant de fiers mépris... [peine;
HÉSIONE
Ne les vante point tant, feu connais l'artifice, et vois ce qu'elle attend. Tu verrais le tyran toucher bientôt son âme Si j'avais de ma main récompensé ta flamme, El donné lieu, parla, de rejeter sur moi ^'affront de me réduire à me manquer de foi ; > si ce seul espoir l'engage à se contraindre, ! me connaît mal de s'obstiner à feindre, I d'oser présumer qu'un cœur comme le mien ' mon hymen jamais autorise le sien.
SOSTRATE
lest juste, madame, et l'ardeur de vous plaire b'enfle pas mes désirs d*un orgueil téméraire, Insqu'à prétendre enfin qu'elle aura le pouvoir...
HÉSIONE
Va, c'est un peu trop tôt renoncer à l'espoir; Son que par cet aveu que tu n'osais attendre, Ratlantta passion, je veuille la surprendre, fene le dirai point qu'elle ait pu m'enflammer,
Mais, si je n'aime pas, du moins je puis aimer. C'est à toi de chercher à m'en rendre capable ; Mon estime déjà t'est assez favorable, Je connais ton mérite, et sais que dans ton rang Jamais plus de vertu ne soutint un beau sang. Tu vois que jecommence, achève, entreprends, ose. Peut-être un seul obstacle à ton bonheur s'oppose, J'aspire à me venger, et ce fier mouvement Éloigne de mon cœur tout autre sentiment. Plein d'une passion et si juste et si forte, Pouryfaireentrerl'une, il faut que l'autre en sorte; Et taflamme à l'espoir cherche en vain quelque jour, A moins que la vengeance ait fait place à l'amour. J'ai reçu du tyran le plus sanglant outrage, Tu le sais, je n'ai rien à dire davantage. Ou du feu qui te brûle écoute moins l'appas. Ou ne m'offre ton cœur qu'on suite de ton bras.
SOSTRATE
Quoi...
uésioKE. [tonne,
Ne réplique point, quand ce grand coup t'é- Vois que je suis ta reine, et que je te l'ordonne; Et, si ta lâcheté me prépare un refus, Ne mêle fais savoir qu'en ne me voyant plus. C'en sera l'assurance. Adieu.
SOSTRATE, seul.
Que fuir ta vue N'est-ce tout le péril d'un ordre qui me tue I Mais, las ! Forcé d'aimer, quels seront mes souhaits S'il faut trahir partout, ou n'espérer jamais?