SCÈNE III SINORIX, CAMMA, SOSTRATE, SOSIME, PBÉNICE
SUITE
SINORIX.
Madame, savez-vous quelle espérance offerte Avait poussé Sostrate à résoudre ma perte? Son orgueil jusqu'à vous ayant porté ses vœux.
S'iodignait d*uû hymeo qui me rendait heureux; Et ma mort...
CAIiaïA.
Je le sais; mais Sinorix, écoute, 11 est d'autres secrets dont tu peux être en doute, Et j*ai quelques clartés acquises par hasard, Dont il est juste enfin que je te fasse part. Mon hymen, si j*en crois les transports de ta flam- Faisait Tu nique bien qui pût toucher ton âme; [me, Et malgré tes soupirs tant de fois repoussés. Tes vœux, de ce côté, viennent d*étre exaucés. Ainsi le ciel souscrit à quoi que tu prétendes. Je t*ai donné la main, tu règnes, tu commandes. Et tu ne vois plus rien dont la possession Irrite ton amour, ou ton ambition.
Mais quand tout à Tenvi répond à ton attente, Si Ton te voit content, je ne suis pas contente; Et mon triste devoir, toujours inquiété. Me demande raison de ta félicité.
Sinatus ennuyé d*un assez long veuvage.
Admira quelque éclat dont brillait mon visage. Et d'un second hymen ayant pris le dessein. Son amour aussitôt m*honora de sa main. Tu le sais, et qu'il m'eut à peine couronnée, Qu'un fatal accident trancha sa destinée; Sa mort fut imprévue, et, sans s'inquiéter, Au malheur de son âge on voulut Timputer; Pour moi, que de ce coup surprit la promptitude, Je mis à l'avérer ma plus pressante étude. Et découvris enfin, sans qu'on l'ait soupçonné. Que ce roi malheureux mourut empoisonné.
siMomx.
Empoisonné, madame? Ah, coupable entreprise !
GAMMA
II n'est pas temps encor de montrer ta surprise.
S'il t'est avantageux de la faire éclater,
Ce que tu vas oûir le pourra mériter.
Achève cependant de me prêter silence.
Du sort de Sinatus j'ai donc eu connaissance,
Et l'horreur d'un forfait et si lâche et si noir
Laisse mes sentiments aisés à concevoir.
La pluspressanteardeurque, pourpunirun traître,
La vengeance jamais dans un cœur ait fait naître.
Tout ce que peut la haine y joindre de soutien.
Pour venger son trépas, se trouve dans le mien.
A ses mânes sacrées un zèle inviolable
Me fit jurer soudain d'immoler le coupable;
Et le ciel m'est témoin si, dans ce triste cœur,
Rien égala jamais une si noble ardeur.
Cependant de mon sort telle est la perGdie,
Que, quoique cette ardeur ne soit point refroidie,
Que sa mort de mes vœux soit l'objet le plus doux,
Je n'ai pu m'affrauchir d'en faire mon époux.
SINORIX.
Quoi, madame...
GAMMA
Tu vois, t'expliquant l'entreprise, Si j'avais lieu d'abord d'arrêter ta surprise, Et te dire, en parlant d'un poison odieux,