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SCÈNE IV CONSTANCE, LICINE, LUCIE

LICINE.

iDan? rétat déplorable où me réduit Tenvie,

ÎUdame, qu'avez- vous résolu de ma vie?

^ut conspire à ma perte, et je vois Tempereur tocoap le plus cruel me préparer Thorreur. [lis quoi que de mon sort puisse ordonner sa haine, ^en êtes toujours arbitre souveraine; I toute la rigueur des destins irrités epeut rien contre moi, si vous n'y consentez.

CONSTANCE

llK)ur vous en secret mon cœur toujours propice, iffitde leur courroux à rompre l'injustice, [ter, lelques maux qui sur vous semblent prêts d'écla- ^ me connaissez trop pour en rien redouter; RsUndez rien de plus, j'ai cru pouvoir sans crime loQs souffrir d'aspirer à toute mon estime, t fiîd point balancé d'approuver un amour ■baux yeuxderempereurvousosiez mettre aujour. néclat qu'il lui souffrait flattant votre espérance, pntre un doute importun me servait d'assurance; p mes désirs trop prompts aidant à me trahir, i crus que vous aimer ce n'était qu'obéir. ^ bis enflo, aujourd'hui que cette erreur bannie aîsse de mon devoir agir la tyrannie, pnlrainte à m'y soumettre, en de pareils ennuis, kire des vœux pour vous c'est tout ce que je puis. » sais que votre amour qu'un cruel ordre alarme, Tun si faible secours dédaignera le charme; tais, si c'est peu potfr lui, dans ce que je me doi tot-^lre avouerez-vous que c'est beaucoup pour LICINE. [moi.

i, c'est beaucoup, madame, etd'un sort si funeste coup doit m'ôtre doux si cet espoir me reste. el remède à des maux si rudes, si pressants, e de les soulager par des vœux impuissants! n , non , puisque je vois votre amour trop crédule, an pareil sentiment se former un scrupule, il s'abandonne entier à ce cruel devoir^ ii cherche à triompher de tout mon désespoir; ^ous reprochez point d'avoir été facile ues à m'accorder un souhait inutile; nsentez à ma perte, et purgez votre foi De rindîgne pitié qui vous parle pour moi. Ce cœur dont votre amour faisait toute la gloire, [Jk ?aut pas qu'un soupir souille votre victoire; *fi vous laisseriez voir un courage abattu /Si vous n'étiez cruelle à force de vertu.

CONSTANCE

I fexco3edes(ransportsqui,trop promptsàparaîtrc,

Suivent l'aveuglement du feu qui les fait naître; Mais, si par la raison il se laisse éclairer Vous n'aurez pas longtemps sujet de murmurer. Voyez ce que je suis, et ce que l'on m'ordonne. Au choix qu'on meprescritma gloire m'abandonne. Contre vous, contre moi, tout conspire à s'armer, Dans ces extrémités que puis-je faire?

LICINE.

Aimer.

Que sans cesse on oppose obstacles sur obstacles, L'amour pour les braver est fertile en miracles. Des plus rudes assauts sans peine il vient à bout; Et, pourvu que l'on aime, on triomphe de tout.

CONSTANCE

Quoi que vous en croyiez, tout ce que je puis faire C'est d'oser expliquer ma contrainte à Sévère, D'obtenir son refus pour prétexte dii mien ; Mais, après cet effort, ne me demandez rien.

LICINE.

Quoi, si l'ambition l'oblige à se défendre De céder à ma foi ce qu'elle osait attendre, Cette fière vertu que vous mettez au jour, Fera de votre cœur le prix de son amour?

CONSTANCE

Jugez-en par mon rang qui vous force à le croire,

Plus il est élevé, plus je dois à ma gloire;

Et je souffrirai moins à la laisser agir,

Qu'à jouir d'un bonheur dont j'aurais à rougir.

LICINE.

Ainsi, vous l'aimerez si le devoir l'ordonne? A quels cruels tourments cet aveu m'abandonne! Ce serait donc trop peu pour remplir ce devoir Que vous fissiez alors effort à le vouloir? Il faut pousser plus loin votre rigueur extrême, Et pour lui, contre moi, répondre de vous-même. Non, non, n'opposez plus à mon ennui secret Le charme injurieux de me perdre à regret. Quand la vertu demande un si dur sacrifice, On peut bien souhaiter que le cœur obéisse, S'efforcer d'en bannir ce qui peut l'enflammer; Mais, qui croit le pouvoir n'a su jamais aimer. Ce prompt dégagement, un peu trop volontaire, Du vrai, du vif amour dément le caractère; Et c'est aimer bien peu, qu'être sûr d'un secours Qui nous metteen pouvoir de n'aimer pas toujours.

CONSTANCE

Quoique le trop de zèle où pour vous je m'engage. D'un reproche pareil dût m'épargner l'outrage. Je ne déguise point qu'en cette extrémité 11 me serait bien doux de l'avoir mérité. A ma triste raison mon âme plus soumise. De mes sens révoltés préviendrait la surprise, Et leur rébellion, par un indigne éclat. Ne me coûterait pas la honte du combat.

LICINE.

Que de vertu, madame, et que je suis à plaindre, Puisqu'àtantd'injusticeellepeut vous contraindre. Qu'il faille me haïr jusqu'à vous opposer Au regret de la mort que vous m'allez causer.

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