MAXIMIAN, ACTE III, SCÈNE I
Et j'aurai Tavantage en ce funeste jour, D'emporter votre estime, en perdant votre amour.
FAUSTK.
En vain à vous Tôter on voudrait me contraindre, Mais je n*ai rien à dire où je vois tout à craindre ; Et dans ce qu'à mes yeux le crime offre d'horreur. Tout l'effort de mes soins se doit à l'empereur. Montrez-moi promplemeut la main qui l'assassine. Parlez, est-ce un effet de l'amour de Licine? Il murmure, il s'emporte, et, dans son désespoir...
SEVERE
Non, madame, Licine est ferme en son devoir. Il ignore le crime, et, loin qu'il l'autorise. C'est de lui seul qu'on craint obstacle à l'entreprise ; 11 est chef de la garde, et peut tout au palais; Et, comme on en prévoit de dangereux effets. Ceux qu'à le prévenir la trahison engage, Pour le rendre suspect vont tout mettre en usage. C'est à vous d'empêcher qu'ils en viennent à bout, S'ils font changer la garde, ils sont maîtres de tout. Et...
FAUSTE
Mais à l'empereur ont-ils pouvoir de nuire. Si, sachant l'attentat, nous le pouvons détruire? Allons lui découvrir le nom des conjurés.
SÉVÈRE
Le voudrez-vous, hélas! lorsque vous les saurez? Jusqu'ici Martian a conduit l'entreprise. Avec Pompilius Straton la favorise, Lucile, Eutrope, Albin s'en déclarent l'appui, Mais leur chef...
FAUSTE
Achevez.
SÉVÈRE
Le croirez-vous de lui?
Contre un lâche assassin armez votre colère; Mais, madame, tremblez au nom de votre père ; Pour remonter au trône, et changer de destin, Maximian...
FAUSTE
0 dieux !
SÉVÈRE
Veut perdre Constantin.
FAUSTE
Quoi, c'est lui qui conspire?
SÉVÈRE
Et, ce qui doit surprendre, C'est par Martian seul qu'il l'a fait entreprendre. Sans que les conjurés dont il est le soutien. Sachent dans ce projet ni son nom ni le mien.
FAUSTE
On vous trompe. Sévère ; et, pour noircir sa gloire, L'imposture a forgé ce qu'on vous a fait croire. Maximian ne peut...
SÉVÈRE
Hélas I Que n'est-il vrai?
Mais de lui seul enfln je tiens ce que je sais. Feignant qu'un fol espoir avait pu me séduire, De tout par Martian je me suis fait instruire;
Un père ambitieux veut perdre votre époui, Et je viens, pour agir, prendre l'ordre de vous.
FAUSTE
Ah ! si ma gloire encor vous avait été chère, C'est sans m'en consulter que vous le deviez fai Et ne me pas réduire à l'affreux déplaisir D'être forcée au choix, et de n'oser choisir. Quel conseil vous donner, à quel parti me reQà Sans exposer des jours que je devrais défeodre, Sans qu'aux traits du destin les voulant arracd< Il n'en coûte à mon cœur ce qu'il a de plusdM Si j'ose pour un père écouter la nature, Mon devoir outragé souffre, tremble, murmura Et lorsqu'on sa faveur je me laisse émouToir, La nature, à son tour, frémit de mou devoir. Ainsi mon innocence est partout poursuivie, Je deviens sacrilège à moins que d'être impie; Et de quelque côté que pencheut mes soubaib, J'y découvre aussitôt le plus noir des forfaits. J'ai beau haïr les noms d'ingrate et de perôée Je ne m'en puis sauver que par un parricide; Et de mes tristes maux l'excès monte à tel poil Que je commets un crime à n'en commettre pci Je hasarde un époux si je respecte un père, Il faut me déclarer, on m'y force? Ah, Sévère! Si dans quelques ennuis j'ai pu vous engager, ICst-ce ainsi qu'un grand cœur se plaît àscTeifl
SÉVÈRE. I
Continuez, madame, et par cette injustice, D'un amour qui perd tout augmentez le sapplw Si d'un espoir honteux il eût pu se flatter, Ma vengeance était sûre à vouloir l'accepter. La mort qu'à l'empereur la trahison apprête, Faisait cesser l'horreur de vous voir sa coDqoÔ \ii me vengeait bien mieux que le pressant enfl D'avoir à vous résoudre, ou pour, ouconlreh Mais j'aurais trop par là racheté ma disgrk^ Et vous n'eussiez rien su du coup qui le meH Si, prêt à faire éclat, j'eusse pu l'arrêter, Sans exposer un sang que je dois respecter. C'est la source du vôtre ; et pour me voirsanspei Vous épargnez un choix dont la rigueur vous §1 Vous n'avez qu'à souffrir que j'ose me cacher Ce qu'exige de vous un intérêt si cher.
FAUSTE
Non, si mes tristes vœux n'osent rien se peniMl Ce choix n'est pas un droit qu'ils puissent vooi C'està moi d'essayer si j'aurai le pouvoir [m D'accorder la nature avecque mon devoir. Pour sortir de l'erreur où mon esprit s'abîme Détournons le péril sans découvrir le crime, Quelque pressante ardeur qui force d'attenlei On n'entreprendra rien sans vous en consulta Et d'un si noir complot par vous toujours insir Je ne perds pas l'espoir d'en prévenir la suite. Mon cœur aux droits du sang doi t garder ce resj Mais ne me parlez plus de peur d'être susped A moins que l'avis presse, et qu'il soitd'impofU
Un billet suffira pour notre intelligence.