FAUSTE, SÉVÈRE
VAUSTE.
Non, c'est vous abuser que de l'oser prétendre. Il n'est rien que de vous je puisse encore entendre ; Et, dans l'étroit scrupule où m'engage ma foi, Un second entretien est un crime pour moi.
siviRB.
Quoi, vous jugez si mal de l'ardeur qui m'anime» Qu'elle puisse à vos yeux offrir l'ombre d'un crime. Si ce scrupule a droit de vous inquiéter, Pour en sortir, madame, il me faut écouter. Je ne viens point surprendre un reste de tendresse Qu'à vous faire étouffer le devoir s'intéresse, Je viens aux dures lois de cet affreux devoir Immoler ce qu'on cherche à me rendre d'espoir; Trop content, si je puis vous faire assez.con naître, Que n'étant point heureux, j'étais digne de l'être, Et que, dans un grand cœur trop justement charmé , Jamais un si beau feu ne s'était allumé.
FAUSTB.
Ah! Si ce charme a fait le bonheur de ma vie. C'est là ce qu'aujourd'hui l'honneur veut que j'ou- Autrefois, je l'avoue, il eût pu m'ôtre doux, [blie ; Mais devant tout mon cœur à l'amour d'un époux...
SÉVÈRE
Je sais qu'à l'empereur les droits de l'hyménée En acquièrent la part que vous m'avez donnée. Qu'à lui seul le devoir vous fait l'assujettir ; Mais l'empereur n'est plus, si j'y veux consentir.
FAUSTB.
On en veut à ses jours?
SBVÂRB.
Oui, madame, on conspire, On cherche à lui ravir et le jour et l'empire, Et, si je tiens secret l'attentat entrepris. Sans avoir part au crime on me répond du prix. L'image de sa mort à votre esprit offerte Ne me montrera point complice de sa perte; Et dans le coup fatal qu'on veut faire éclateri Vous plaindrez son malheur sans me rien imputer. Tour changer de fortune il ne faut que me taire, Tous mes maux sont finis, on me venge, et j'espère; Mais, mon cœur succombant à des projets si bas. Pour les cacher à tous ne me les cache pas. Si jusqu'au plus haut point ma disgrâce est montéoi Du moins je veux mourir sans l'avoir méritée;