‹ Théatre completChapitre 713 sur 1461 · FAUST R · texte numérisé non relu

FAUST R

Seigneur, il m'est bien dur que ma foi soupçonnée Redouble les malheurs où je suis destinée. Mon silence, il est vrai, renferme dans mon cœur Ce que leur triste excès a pour moi de rigueur. Mais, dans un mal qui porteet l'horreur et lacrainte, Qui sait bien s'expliquer en ressent peu Tatteinte; Et peut-être jamais de si pressants ennuis N'avaient .autorisé le désordre où je suis.

CONSTANTIN

Ah I si j'étais aimé vous n'auriez pu vous taire. Le crime eût contre un lâche armé votre colère; Et du traître Licine apprenant l'attentat, Pleine d'un vif transport vous aurie? fait éclat. Depuis le triste jour que mon amour extrême Vous a, par mon hymen, fait part du diadème, Toujours d'un noir chagrin votre esprit ob$é(Jé, M'a fait yoir la contrainte où vous avez cédé ; La rigueur du devoir éteignait une flamme Qu'un funeste retour rallume dans votre âme; Vous avez vu Sévère, et dans l'appas flatteur Où cette chère vue entretient votre cœur^ D'autres présupieraient qu'à lui seul attachée, Le malheur de ma mort vous aurait peu touchée; Et que ce feu secret qu'on ne peut ébranler, Eût trouvé les moyens de vous en consoler; Mais...

MAXIMIAN. [engage;

Contre elle, seigneur, trop d'aigreur vous Au sang dont elle sort ce soupçon fait outrage; Et d'un feu criminel lui reprocher l'ardeur. C'est jusque dans sa source en souiller la splen-

CONSTANTIN. [dCUr.

En l'état où je suis je ne sais que vous dire. Dansmeshonteux soupçons moi-même je m'admire; Mais à les repousser je fais un vain effort, Tout mon cœur s'abandonne à mon jaloux transport; Et, dans les sentimentsqui viennentme surprendre, Je vois mon injustice, et ne puis m'en défendre. Aussi, pour m'en punir ma vie est en danger, On conspire, on me hait, je veux tout négliger. Prenez soin de la vôtre, et, puisqu'on vous menace, Seigneur, à votre choix, faites justice ou grâce, Punissez, pardonnez, je n'examine rien.

MAXIMIAN

Non, non, votre intérêt l'emporte sur le mien ; Et comme tout l'État en vous seul se hasarde, Le soin le plus pressant c'est de changer la garde. Licine l'a choisie, et sa lâche fureur...

FAUSTE

Seigneur, je prendrai soin des jours de l'empereur. J'en connais le péril.

CONSTANTIN

Ordonnez-en, madame.

Votre empire est toujours absolu sur mon âme, Et, quoi que m'offre à craindre un désespoir jaloux.

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