‹ Théatre completChapitre 717 sur 1461 · SCÈNE III CX>NSTANTLN, MAXIMIAN, SÉVÈRE, suite · texte numérisé non relu

SCÈNE III CX>NSTANTLN, MAXIMIAN, SÉVÈRE, suite

CONSTANTIN

hh l Seigneur, que de maux le destin nous apprête,

Et qa'on m'eût épargné de peines à souffrir

Si, sans me rien apprendre, on m'eût laissé périr!

iVous ne conceviez point sur quels secrets indices, Faoste me détournait d'entendre les complices, R, malgré ses conseils, m'a forcé d'ordonner Qa'un autre prit le soin de les examiner. ^B31e TOUS l'a remis, et n'a pas craint qu'un père : Par rinlérôt du sang refusât de se taire, ^£l pour sa gloire au moins, n'aidât à déguiser ' Ce que les conjurés auraient pu déposer.

tee dites- vous, seigneur?

CONSTANTIN

Que la rage et l'envie Ht son seul ordre, hélas! attentent sur ma vie,

que d'un premier feu le souvenir trop doux Loi fait tremper les mains dans le sang d'un époux.

I MAXIMIAN

JAh I Seigneur, de ma fille épargnez l'innocence. fc vous l'ai déjà dit, ce sentiment m'offense; B, quoi que Tini posture ait osé publier, f Le sjDg dont elle sort la doit justifier.

L CONSTANTIN

I B le devrait, mais, lasl

SÉVÈRE

Quoi, seigneur, il peut être Que d'aveugles soupçons tombent...

CONSTANTIN

Ne dis rien, traître.

C'est toi de qui l'amour dans son cœur enflammé A versé la fureur dont il est animé.

En vain tu fais paraître une surprise extrême, S'il te faut des témoins, je ne veux que toi-même; Lâche, dans ce billet reconnais-tu ta main?

SÉVÈRE

0 ciel !

CONSTANTIN, donnant le billet à Maximîan, Voyez, seigneur, s'il a part au dessein.

MAXIMIAN, lit.

« Quoi que de l'attentat on ait donné d'indices, Peut-être dès ce soir vous n'aurez plus d'époux; Agissez promptement, tout est perdu pour nous, Si vous ne l'empêchez d'écouter les complices. » 11 le faut avouer, ce coup de foudre est grand ; Mais, sans doute, seigneur, Sévère vous surprend. L'ingrat, pour se venger de sa foi méprisée A vos ressentiments la veut voir exposée; Et, par ce faux billet qu'il vous fait supposer, 11 s'accuse lui-même afin de l'accuser.

L'ardeur de la noircir...

CONSTANTIN

Pouvez-vous la défendre.

Si moi-même en ses mains je viens de le surprendre Entré sans l'avertir dans son appartement ? J'ai soupçonné son crime à son étonnement» Je l'ai vue inquiète, et comme toute émue Dérober avec soin ce billet à ma vue ; Et confus de son trouble, au point de lui parler. Votre abord m'a contraint de tout dissimuler. Vous avez vu, seigneur, avec quels artifices Elle a su se soustraire au rapport des complices. J'ai voulu devant vous lui laisser son secret; Et, lorsque resté seul j'ai parlé du billet. Ses refus ont si loin porté ma défiance, Qu'à la prière enfin j'ai joint la violence. On va vous l'amener, afin que sa fureur Vous oblige avec moi d'en partager l'horreur.

MAXIMIAN

Dans l'affreux désespoir où me plonge son crime. Pardonnez le désordre où ma raison s'ablmc. Quoiqu'à votre péril le mien fût attaché. Jusqu'ici l'attentat ne m'avait point touché; J'estime peu la vie, et la main qui conspire M'assurait par la mort le repos où j'aspire; Mais voir que sur le trône, après m'être vaincu. J'aie à ma gloire encor malgré moi survécu. Tout mon sang que noircit un si honteux outrage. En frémit de colère, en bouillonne de rage; Et, dans l'accablement de mes tristes ennuis, Je me perds, je m'égare, et ne sais qui je suis.

CONSTANTIN

Ah I Si vous l'ignorez, puis-je encor le connaître ? L'amour de tous mes vœux s'est rendu le seul maître,

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