CONSTANTIN, MAXIMIAN, FAUSTE, SÉVÈRE, MAXIME, SUITE
CONSTANTIN
Parlez, parlez, madame, Et par le noble éclat d'un généreux amour, Faites- nous voir Sévère innocent à son tour. Comme avec tant de zèle il prend votre défense, Vous devez quelque chose à la reconnaissance; Et ce sera pour vous un reproche éternel, Si, lorsqu'il vous absout, il reste criminel.
FAUSTE
Seigneur, n'attendez point qu'en faveur de Sévère Je cherche à déguiserce qu'on ne peut plus taire. Ce billet nous accuse ; et ce qu'il vous apprend De notre intelligence est un trop sûr garant Nous avons cru tous deux devoir suivre un beauièlt^ Je l'ai rendu coupable, il me rend criminelle; Mais, quoique l'un et l'autre en soient moins im C'est un crime louable où la vertu consent, [cent, Dans les divers malheurs où le destin m'engage, Il ne m'est pas permis d'en dire davantage. Des conjurés saisis le dangereux appas Découvre l'entreprise, et ne la détruit pas. Vous voyez de nouveau le péril où vous êtes, Appréhendez partout des pratiques secrètes; Et pour conseil utile en de si lâches coups, Si vous le voulez fuir, n'en prenez que de vous.
CONSTANTIN
Ah, que de ce conseil j'ai sujet de me plaindre! Pour confondre mes soins il m'obligea toulcraii* Et le péril partout qu'il m'offre à redouter, [àn\ Force mon désespoir de m'y précipiter.
Vous serez satisfaite^ et, puisqu'à votre crime La vertu peut prêter un appui légitime. De mes jours odieux le sacrifice offert Rendra le coup facile à la main qui me perd: Vous aurez la douceur d'immoler à Sévère Cet époux qu'à sa flamme il trouva si contraire; Et, malgré les transports de mon juste courroui, J'ai pour vous trop d'amour pour me garder de voai Mais, quoique de vos vœux je me rende complice, J'empêcherai dumoinsquel'ingratn'en jouisse; Et si ma mort a droit d'adoucir vos nialbeurs, La sienne auparavant vous coûtera des pleurs.
FAUSTB.
J'aurai lieud'en donner au malheurqui l'accabla» Puisque c'estmalgré lui qu'il s'est rendu coopabto Et qu'à mes intérêts s'osant sacrifier...