MAXIMIAN, ACTE V, SCÈNE III
Je le connais assez pour répondre de ]ui.
CONSTANTIN
Je n'en suis point en peine; et ce qui m'inquiète. C'est le secret remords où la raison me jette, raime; etFamour enfin éclairant ma fureur, De mes jaloux transports me découvre Terreur. Leur rigueur contre Fauste était peu légitime, Sa Tertu su£Ûsait pour la croire sans crime ; Et, pour en voir soudain le soupçon rejeté, NoQ cœur n'avait besoin d'aucune autre clarté.
CONSTANCE
L'attentat est si noir, qu'avec trop d'injustice Du coup qui vous perdait vous la croyiez complice ; Mais je ne vous dis pas, seigneur, ce que je crains, Vojaat que Martian n'est plus entre vos mains. Od l'a fait évader, et sa fuite m'étonne, Td traître qui se cache en veut à la couronne; El connu de lui seul, quoi qu'il veuille tenter, Ne l'en pouvant convaincre, il est à redouter.
CONSTANTIN
Sa fuite n'a pas eu tout le succès qu'on pense ; El s'il peut mériter encor quelque croyance, liograt Maximian doit seul être accusé Di forfait qu'à Licine il avait supposé. Ujerfide alarmé du rapport de Sévère, Pm le faire évader s'est servi de Valère, fini craignant d'avoir part à ses lâches desseins^ Me l'a secrètement remis entre les mains. Maximian l'ignore, et le bruit de sa fuite L'autorisant toujours à la même conduite, De ses déguisements le but mystérieux, Après ce que je sais se découvrira mieux.
CONSTANCE
El Martian?
CONSTANTIN
D'abord il a voulu se taire; Mais, resté sans secours, et trahi par Valère, Dans l'effroi des tourments qui l'auraient fait parler. Il s'est vu hors d'état de plus dissimuler. Avec tant de fureur Maximian conspire.
Que dans l'avidité de reprendre l'empire, La nuit favorisant ce qu'il veut hasarder, iusque dans mon lit même il doit me poignarder. C'est de quoi sur l'espoir d'un obstiné silence, n avait su déjà lui donner assurance ; Et craignant des mutins le murmure indiscret, n a cm par sa fuite assurer son secret,
CONSTANCE
Quelle rage, seigneur !
CONSTANTIN
Ce qui me désespère, Cestle contraint aveu que m'en a fait Sévère, Qui sachant le secret du lâche qui me perd, Si Straton n'eût parlé, ne m'eût rien découvert. Maxime nous l'amène, afin qu'en sa présence Fauste puisse...
CONSTANCE
Seigneur, la voici qui s'avance.