SCÈNE II CONSTANTIN, FAUSTE, CONSTANCE
CONSTANTIN
Dans le confus désordre où mon malheur me met, Madame, oublierez-vous l'affront qu'on vous a fait? Dans votre appartement l'ordre cruel d'un père, Sans en être avoué, vous tenait prisonnière. L'outrage m'est sensible, et, pour le réparer. Il n'est rien que de moi l'on n'ait droit d'espérer.
FAUSTE
Ah ! seigneur, il n'est point de peine assez cruelle Pour punir mon forfait si je suis criminelle ; Mais ce soupçon peut-être un peu trop écouté, Vous livre sans obstacle à l'infidélité; De son aveuglement on ne peut trop vous plaindre, C'est lui seul contre vous que vous ayez à craindre. Je ne combattrai point un rigoureux arrêt, Sévère doit mourir puisque sa mort vous plaît; Mais quand la trahison vous cherche pour victime, Qui parait innocent, peut n'être pas sans crime, Partout d'un noir destin vos jours sont menacés ; Et ne rien dire plus, c'est vous en dire assez.
CONSTANTIN
Oui, c'est m'en dire assez, et le soin de ma gloire Suffisait à forcer mon amour à vous croire; Mais je ne vois que trop, par ce revers fatal, Qu'un feu qui brûle trop, souvent éclaire mal. Ses flammes dévorant tout ce qui le fait naître, Rendent faux lesobjets qu'elles font trop paraître; Et si l'erreur qu'en vain j'ai voulu prévenir, M'a de Maximian... Mais je le vois venir.