‹ Théatre completChapitre 745 sur 1461 · PHILIPPE, PERSÉE, DÉMÉTRIUS, ANTIGONUS, ONOMASTE · texte numérisé non relu

PHILIPPE, PERSÉE, DÉMÉTRIUS, ANTIGONUS, ONOMASTE

PERSÉE

Seigneur, si jepouvaissans m'en rendre complice. ..

PHILIPPE

Prenez place tous deux, je vous ferai justice. Voici le jour fatal où le ciel contre nous Semble avoir réservé son plus âpre courroux. La plainte ouverte, enfin, succédant au murmure, A la pleine révolte enhardit la nature. J'en vois les droits partout honteusement trahis, U m'en faut être juge, et c'est entre mes fils. Père trop malheureux, qui, quoique je me cache. D'un crime dans mon sang ne saurais fuir la tache ! Un frère accuse l'autre, et le crime est douteux. Mais l'effet m'en doit être également honteux. Qu'il soit faux, qu'il soit vrai, la haine qui les guide. En fait pour moi toujours un lâche parricide. Ou l'un d'eux aujourd'hui cherche à l'exécuter, .Ou l'autre le commet en l'osant inventer; Et ma gloire ne peut qu'elle ne soit ternie. Ou par son attentat, ou par sa calomnie. Voilà ce que j'ai craint de ces dissensions Dont l'aigreur soutenait toutes vos actions; Mais, comme il en est peu que le temps n'adoucisse, J'ai cru qu'au sang enfin vous rendriez justice. Et qu'après les avis que je vous ai donnés, Vous n'oublieriez jamais ce que vous êtes nés. Combien de fois, hélas! vous ai-je fait comprendre Quels biens de la concorde on a sujet d'attendre? C'est par là que deux rois avecque tant d'éclat De Sparte si longtemps ont gouverné l'État, Que d'un zèle pareil la conduite admirable, A ses plus fiers voisins l'a rendu redoutable. Et que ce même État n'a pu se maintenir Dès que l'ambition a su les désunir.

Combien ai-je tâché de prévenir vos haines Par l'exemple fameux et d'Attale et d'Eumènes, Que la concorde seule où tous deux je les voi,

A faits aussi puissants qu'Antiochus ou moi? Honteux du nom de rois qu'à peine ils Toulaia

• [prenii Ils ont droit aujourd'hui d'oser tout entreprenez Et, s'il faut mêler Rome aux autres nations, Voyez les Quintius, voyez les Scipions.

Dans l'éclat immortel qui suivra leur mémoire De leur noble union voyez briller la gloire; Au lieu que des forfaits la plus pressante horreu Toujours de la discorde a suivi la fureur. Ni le crime des uns, ni la vertu des autres, Sur les grands sentiments n'ont pu réglerlesvôtn D'une coupable ardeur l'indigne emporteroenl Vous fait de votre rage aimer l'aveuglement. Vous voulez que je vive, et souffrez quejerepi Tant que vous n'ayez pi us d'obstacle qu'elle craigi Et que par l'attentat l'un de l'autre défait Puisse, en m'êtant le jour, jouir de son forfait Il n'est droit si sacré que votre orgueil révère. Vous haïssez les noms et de père, et de frère Et du sang, à l'envi, brisant les plus doux non Le trône est le dieu seul qui mérite vos Toeui. Sus donc, immolez-lui de si chères victimes, Et me faites trembler par l'horreur de vos crio Attendant que le fer en règle les effets, Faites en ma présence un combat de forfaits. Dites tout ce que peut, pour trahir la nalur?, Ou résoudre la rage, ou forger l'imposture, J'écoute, et je crains bien, pour reproche rterw De n'avoir à juger que du moins criminel.

PERSES

Seigneur, j'ai dû, sans doute, abandoDoeriNt A l'éclat imprévu d'une affreuse tempête, Puisque les attentats dont encor je frémis Ne sauraient être crus s'ils n'ont été commis Ce n'est pas sans raison qu'un peuple témen Ne veut pour votre fils connaître que mon fré* Si chez vous, comme lui, j'en obtenais le raoj Vous trembleriez d'ouïr qu'on veut verser monsU Et ne voudriez pas qu'un reproche semblaWe Confondît l'innocent avecque le coupable. Ayant à craindre tout, si, sans rien découvrir, Vous voulez que je meure, hé bien, il fautmoii J'y consens, et croirai mon sort digne d'enTÎe Si ma mort avancée assure votre vie; Et si l'indigne ardeur de ses transports jalom Peut s'éteindreen mon sangsans aller jusqu'à v( Mais, si dans ce péril la plainte m'est permise, Voyez-le contre moi s'armer avec surprise. Et, l'éclat de sa haine osant tout aujourdhui, Souffrez pour l'arrêter que je m'adresse à lui. i Qu'espérez-vous, mon frère, et sur quelles ma\» Courez-vous en aveugle au plus aiîreux des crira Dans l'orgueil de compter tau l de rois pour m L'avidité du trône entraîne tous vos vœux; Comme eux il faut régner, et celte noble envid Pour remplir tout leur sort veut se voir assou Mais,' si ce que je suis tient le vêtre borné, i Prenez-vous-en aux dieux qui mont fait votre aï

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