‹ Théatre completChapitre 746 sur 1461 · PERSÉE ET DÉMÉTRIDS, ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

PERSÉE ET DÉMÉTRIDS, ACTE II, SCÈNE III

t/csage ici reçu, Je jugement d*un père ^ur régner après lui veuleat qu'on me préfère; I Totre bras armé pour répandre mon sang Ms peut seul donner droit de monter à son rang. p ciel dont l'équité sur nos desseins préside L pu souffrir encore un si noir parricide. |CT dans ce faux combat que j'osai hasarder, Df éviter ma perte il m'apprit à céder; [ lui, qui s'opposant à l'espoir qui vous reste, Ifit fuir un festin qui m'eût été funeste; |je crime par vous noircissant votre foi, ils dû cette nuit vous recevoir chez moi ? oeur, sans mes refus nés d'une juste crainte, i pleureriez ma mort où vous oyez ma plainte ; t quentre deux fîls vous avez à juger, ^oos aurait laissé que ma perte à venger. stez maintenant l'ardeur insatiable i soif de régner plonge une âme coupable; en la détestant, daignez vous souvenir \ vous avez à plaindre aussi bien qu'à punir, f celui dont la rage aspire à perdre un frère : à jamais des dieux l'implacable colère ; K^n'au moins l'opprimé, pour s'en mettre à cou-

[vert, kTt^ui de son roi trouve un asile ouvert. ik trahison c'est le seul que j'espère, iW/our m'en sauver que les dieux et mon père.

faut fuir ici de secrets attentats, b^iai point de Romains qui me tendent les bras, ' baine de ma mort se fait un heur suprême,

que je soutiens l'honneur du diadème, le leur laisse voir aucuns moyens offerts ■ettre, moi vivant, la Macédoine aux fers. rfainte cependant, le murmure, l'outrage, tJe prix d'affranchir vos sujets d'esclavage. i l'avez vu, seigneur, dans ces lâches soldats, lier, même à vos yeux, cherchèrent mon trépas. dirai 'je des grands dont la molle faiblesse Mer les Romains à l'envi s'intéresse, ri, sur un espoir et vil et hasardeux, oreot que celui qui peut tout auprès d'eux? ffât pas à moi seul qu'il voit qu'on le préfère, nporte en secret sur son roi, sur son père. llui, qui dans l'orage où vous étiez compris, foudres du sénat sauva vos cheveux gris. » peuples sans guerre ont la douceur de vivre, armes des Romains c'est lui qui les délivre ; idîs qu'en vous seul je fonde mon appui, 3upies« les Romains, tout enfin est pour lui. 01 présumez-vous que Quintius aspire f tout ce qu'il se platt sans cesse à vous écrire^ , pour entretenir l'amitié du sénat, fait envoyer les premiers de l'État?

étrios a part à cette politique, icoDseils sont sa règle en tout ce qu'il pratique ; |datig ces envoyés qu'ils ont l'art de gagner, tbercbent du secours pour le faire régner. [ qu'un pur intérêt, ceux qu'un vrai zèle y mène I reviennent jamais qu'avec l'âme romaine,

Le seul Démétrius est maître de leur foi ; Et déjà, vous régnant, ils l'appellent leur roi. Si l'indignation m'arrache quelque plainte. De l'ardeur de régner j'ai soudain l'âme atteinte; Chacun veut que ce crime ait pour moi des appas, Kt vpus-mème, seigneur, ne m'en exemptez pas. Mais à quoi cette ardeur et basse et criminelle, Puisqu'au trône après vous ma naissancem'appelle? Vouloir pour y monter confondre tous les droits, Renverser la nature, anéantir les lois.

Se faire une vertu d'un frère qu'on opprime, C'est là, seigneur, c'est là ce qui s'appelle crime; Et j'atteste les dieux, si j'en prends quelque effroi. Que je le crains pour vous beaucoup plus que pour Négligez le péril où ma vie est réduite, [moi.

Détournez-en les yeux, mais voyez-en la suite. Et songez, qu'où du sang on a brisé les nœuds. Qui fait un parricide en peut commettre deux.

DÉMÉTRIUS

Si je parais surpris, seigneur, j'ai pour excuse Et le genre du crime, et celui qui m'accuse. Pour m'ôter tous moyens de vaincre mon malheur, Il veut auprès de vous corrompre ma douleur ; Et de ses feints soupirs l'injurieuse amorce Tâche en la prévenant d'en détruire la force. Sur vous d'un faux péril il fait tomber l'effroi, Pour faire agir par vous sa rage contre moi. Quoique fort du .secours de ma seule innocence. Pour moi du monde entier il arme la puissance ; Et d'asiles partout il aime à se priver, Pour empêcher qu'en vous je n'en puisse trouver. Dieux, qu'il prend pour témoins des motifs de sa

[crainte.

Aidez ceux qu'il abuse à pénétrer leur feinte ! Et, puisqu'à m'en purger je me trouve réduit, Éclairez ce grand crime où j'ai choisi la nuit. Il l'expose à vos yeux l'âme encor toute émue. Comme s'il ne formait qu'une plainte imprévue. Et que ces noirs complots dont il souille ma foi Ne fussent pas des traits préparés contre moi. Prince, si dès longtemps formant brigues sur bri- Je fais contre l'État de criminelles ligues, [gués, U fallait m'accuser de cette trahison Avant qu'elle employât le fer et le poison. Déjà pour m'en punir j'étais assez coupable, Sans que de cette nuit on y joignttlafable ; [pérer. Mais, pour mieux voir quel fruit j'en pourrais es- Vous voulez tout confondre, il faut tout séparer. Le grand titre d'atné, le jugement d'un père. Le droit des nations, tout veut qu'on vous préfère ; Et, pour en démentir Paveugle choix du sort. Ma lâche ambition a juré votre mort.

Pourquoi donc m'imputer la coupable espérance Dont l'appui des Romains flatte mon arrogance? Si jusqu'à faire un roi vous portez leur crédit, Qu'est-il besoin de crime où leur secours suffit? Est-ce afin que le trône ait plus de quoi me plaire. Si j'en vois les degrés teints du sang de mon frère? Est-ce afin qu'auprès d'eux ce noir crime commis

Page 1