‹ Théatre completChapitre 775 sur 1461 · I SCÈNE IV · texte numérisé non relu

I SCÈNE IV

j PHILIPPE, PERSÉE, ÉRIXÈNE, surrE.

PERSfiE.

Seigneur, apprenez-moi s'il ne m'est plus permis e me flatter d'un bien que vous m'avez promis, semble que le sort toujours prêt à me nuire to voulu m'élever que pour mieux me détruire.

gloire fait ma honte; et, contraint de céder, lus oQ m'a vu d'espoir, et moins j'en puis garder.

PHILIPPE

îcet injuste espoir si l'on m'a vu complice, grat, le ciel se plaît à me rendre justice; L, dès le premier pas, sa bonté nous fait voir ien la soif du trône a sur toi de pouvoir. fkynen qui te l'assure est un faible avantage, iflt qa'un père importun avec toi le partage. à perte d'un fils tu voulais m'en gager, ►bt en prendre sur moi le droit de le venger. soccèsa trompé tes damnables maximes; i sauvé, malgré moi, ma gloire de tes crimes; si le sang d'un frère a pour loi tant d'appas, te faut pour répandre emprunter d'autres bras. i50Dgez plus, madame, à couronner un lâche. vois pour vous, enfin, quelle en serait la tache ; garant de l'hymen où j'osais vous porter, TOUS rends un aveu qu'il n'a pu mériter.

PERSÉE

(quelque dur revers que le sort me menace, me demande point d'où me vient ma disgrâce. ! sont ces mômes traits toujours empoisonnés l'en vain, jusques ici, ma plainte a détournés; I mépris dont, enfin, elle fut hier suivie, la rage d'un frère abandonna ma vie;

(quand j'en expliquai les secrets attentats, fut les approuver que ne les punir pas. n'en murmure point, et dois voir, sans surprise, l'à me persécuter votre aveu l'autorise ;

que je sache au moins quel indigne rapport tai hymen souhaité vous fait rompre l'accord.

PHILIPPE

lis-moi servir ta haine, et joins à cette injure i»ut ce qui peut au crime endurcir la nature. èmeos ces envoyés qui, subornés par toi, tant de fureur noircirent hier sa foi.

r-tu que l'imposture aujourd'hui découverte voir qu'ils suivaient tes ordres pour sa perte ? qu'instruits par ta rage, ils viennent déclarci lels jaloux mouvements te l'avaient fait jurer? ''cuX'fu que Quintius sur un faux caractère...

PERSÉE. '

Que Terreurqui nousflatte aisémentnous est chère I Pour ce fils contre moi noirci de lâchetés, Laissez-vous éblouir à de fausses clartés. Cédez à ce penchant dont l'indigne imposture Toujours en sa faveur suborna la nature; Mais vous en fierez-vous à des âmes sans foi. Qui d'abord contre lui, sont enfin contre moi? C'est par là qu'à ma mort leur trahison aspire, Ils ne m'ont accusé qu'afin de s'en dédire. Et rejeter sur moi le plus noir attentat Qui de votre courroux pût mériter l'éclat. Je vous le disais hier, plus d'espoir d'innocence. Vos peuples sont pour lui, Rome prend sa défense. Le sang môme conspire à le favoriser.

Et, pour me voir coupable, il n'a qu'à m'accuser. Mais, au moins, pour avoir des preuves plus certai- Livrez les imposteurs aux plus cruelles peines, [ncs. Dans leurs derniers remords cherchez des vérités...

PHILIPPE

Va, n'en demande point de plus vives clartés. Loin de les souhaiter dans un destin si rude. J'aime à laisser ton crime en quelque incertitude; El, quoi que leur rapport me montre à prévenir. J'en veux douter exprès pour n'oser t'en punir. Mais, comme je vois trop que rien n'est plus capa- D'arracherl'innocentauxfureursdu coupable, [ble Il faut rompre un péril qui, jusqu'ici douteux, Pourrait se rendre enfin, funeste à tous les deux. Vous le pouvez, madame, et dissiper la crainte Dont Persée aujourd'hui faill'appui de sa plainte D'une sourde pratique il prendra peu d'effroi. Si de Démélrius vous daignez faire un roi. De quelque ambition qu'il ait l'âme saisie, Il le verra chez vous régner sans jalousie^ Et cessera de croire un soupçon odieux Quand il n'aura plus rien qui lui blesse les yeux. Je vous rends vos Étals, vous leurdevez unmaitre ; Et si le triste état où vous me voyez être, Pour un fils malheureux...

F.RIXÈNK.

Seigneur, permettez-moi De remonter au trône avant que faire un roi. Plus de gloire y suivra l'heureux choix de ma flam- Et si Démétrius... [me ;

PERSÉE

Ah ! C'en est trop, madame.

Quelque pressant respect qui cherche à m'arrêter, Vous forcez, malgré moi, ma rage d'éclater. En vain mon désespoir voudrait encor se taire. Seigneur, n'épargnez rien pour élever mon frère, Donnez-lui votre sceptre et le couronnez roi, Vous ne lui donnez rien qui soit encore à moi ; Et, quelque injuste rang que vous lui fassiez pren- Au trône, vous vivant, je n'ai rien à prétendre, [dre, (Vest assez que le ciel m'y réserve mes droits; Mais, pour placer ses vœux, faites un autre choix, Pour lui contre ma flamme en vain on s'intéresse, Il m'a vu recevoir la foi de la princesse ;

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