ANTIOCHUS, ACTE I, SCÈNE IL
TIGBAIfB.
Quoi, d'uû astre eonemi la dure violence...
ANTIOCHUS
jOoi, Tigrane, aujourd'hui croyez-eo mon silence. Si quelque ennui secret me faisait soupirer, Fourrais-je si longtemps vous le voir ignorer, Tous, de qui l'amitié me fut toujours si chère, ^'ii n'est rien que la mienne ait encor pu vous iTous, à qui TÉtat par vos soins conservé, [taire, loitaYec moi le jour que vous m'avez sauvé?
TIGBANR.
Cest trop vous souvenir d'un si noble service, QaaiKi par vous la princesseà ma flamme esl prorùmais,etmaraisoncondamnantmesdésirs,[pice:
ta respect trop sévère étouffait mes soupirs. fièce de Séleucus, et fille de son frère, Lerug d'Arsinoé les forçait à se taire. V(Kis avez auprès d'elle autorisé mes vœux, Tiré le doux aveu qui doit me rendre heureux; 'Et les plus grands exploits que mon zèle imagine, jloDt au-dessous du prix que le roi me destine, lais, seigneur, si j osais, dans un état si doux, Wsque je vous dois tout, me plaindre un peu de
[vous, kfinis qu'en secret cette humeu r sombre et noire, Seyant mon bonheur met obstacle à ma gloire, fujour grand et fameux les superbes apprêts iMt pour le reculer des prétextes secrets ; Ilia pompe qui manque à l'hymen d'une reine, jCestd'uQ mal inconnu la guérison certaine. Uroi qu'alarme en vous un sort trop rigoureux, S vous n'êtes content refuse d'être heureux; II, comme un même jour également propice Boil^m'approchantdu tr6ne,y placer Stratonice, les vœux les plus pressants en vain l'osent hâter, Oaaûd votre inquiétude y semble résister.
ANTIOCHUS
Eï c'est aussi parla que mon âme abattue Seli\re tout entière au chagrin qui me tue. i^en souffre dautant plus que le bonheur du roi Dépend de l'hymen seul qu'il diffère pour moi. Poisqu'eofin jusque-là sa bonté Tinquiète, Hyei-le pour lui faire agréer ma retraite. I Ptal-étre un mois ou deux, dans un autre séjour, le rendront Je repos que je perds à la cour. ^ pompe membarrasse, et mon inquiétude ^w calmer ses transports veut de la solitude, ''tsl un bien que vos soins me peuvent obtenir.
TIGRANE
«^ijseigneur, de la cour cherchera vous bannir?
ANT10CHU8
C« volontaire exil que mon chagrin m'impose, A droit seul de calmer la peine qu'il me cause : •^ tout m'importune, et le trouble où je suis, [nuis; J'aûsle bonheur d'au trui trouve un surcroît d'en- J« men hais, mais mon cœur, quelques soins que
[j'emploie, "«pousse malgré moi tous les sujets de joie, '^uguis, je soupire, et je ne sais pourquoi.
Tigrane, encore un coup, allez trouver le roi ; Et d'une fête auguste où seul je mets obstacle, Par mon éloignement pressez l'heureux spectacle.
TIGRANE
Mais, seigneur, ce dessein...
ANTIOCHUS
Rien ne peut l'ébranler; C'est me servir, enfin, que d'oser lui parler. D'un roi qui vous chérit craignez- vous la colère ?
TIGRANE
Mes vœux les plus ardents n'aspirent qu'à vous Et votre seul désir servant de règle au mien, [plaire; Je parlerai, seigneur, mais je n'obtiendrai rien.