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SCÈNE II

ANTIOCHUS, i^ul.

Suis le juste projet où l'honneur te convie, Sors de ces tristes lieux, ou plutôt de la vie. Ingrat Ântiochus, et du moins, par ta mort. Tâche de racheter la honte de ton sort : Aussi bien, cet exil où ton chagrin aspire, De les sens révoltés te rendra-l-il l'empire? Y crois-tu de ta flamme écouter moins l'ardeur? Et, pour changer de lieu, changeras-tu de cœur? Non, non, ce cœur en vain croit vaincre sa faiblesse, Son destin est d'aimer, il aimera sans cesse ; Et, quoique ta raison offre à le secourir, 11 chérit trop son mal pour en vouloir guérir. Ah ! Lâche, à quel orgueil ta passion t'entraîne ! Porter insolemment tes vœux jusqu'à la reine, Adorer Stratonice, et violer la foi Qu'un fils doit à son père, un sujet à son roi I La sienne étant déjà l'heureux prix de sa flamme, Par ce gage reçu n'est-elle pas sa femme? Et, pour bannir un feu que tu nourris en vain. Faut-il attendre, hélas ! qu'elle ait donné sa main? Songe, songe à Thorreur de ce secret murmure Qu'à tes vœux insensés oppose la nature, Et vois de ton amour les transports odieux Blesser également les hommes et les dieux. Par ce fatal portrait dont la perte t'accable. Ces dieux semblent t'offrir un secours favorable : Il nourrissait ta flamme, il en flattait l'ardeur. Ce qui charmait tes yeux se gravait dans ton cœur ; Et, lorsqu'à mille soins ce portrait te convie, Tu perds, en le perdant, le seul bien de ta vie. Mais, las, en d'autres mains que sert qu'il soit passé» Si de ce triste cœur il n'est pas effacé? J'y vois, j'y vois toujours une adorable reine Augmenter mon amour, et redoubler ma peine : J'observe avec plaisir ces merveilleux accords Des charmes de l'esprit, et des grâces du corps ; Et, sans cesse, y trouvant mille sujets d'estime, Cette mèn^ raison qui m'en faisait un crime, Contrainte de céder à des traits si puissants, Se range contre moi du parti de mes sens. Aimons donc, puisqu'enûn c'estun mal nécessairei

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