SCÈNE II ANTIOCHUS, ARSINOÉ
ARSINOi.
Seipeur, est-il possible, et pourra-t-on le croire, fine Tous-mème ayez mis obstacle à votre gloire, £tqoe, lorsque le roi cherche à vous couronner, îolre aveu pour un trône ait peine à se donner? L'éclat d'un nouveau rang, qui d'une pompe insi- ANTIOCHUS. Igne...
k bonté l'a surpris quand il m'en a cru digne ; liis mon zèle à ses soins aurait mal répondu, i^ j'avais accepté ce qui ne m'est pas dû. I ^ suis Dé son sujet, et fais gloire de l'être.
ARSUfOK.
Dites que de vos sens le chagrin est le maître, ^ qoe tout votre cœur s'en laissant accabler, ^qui doit l'adoucir sert à le redoubler.
ANTIOCHUS. [se
Dwt frai qu'il m'emporte, et qu'en vain mon adres- S'elTorce de bannir, ou cacher ma faiblesse ;
Malgré moi je lui cède, et son subtil poison D'une vapeur maligne infecte ma raison ; Sans cesse elle s'abtme, et son trouble... De grâce, Faites...
ABSINOâ.
Hé bien, seigneur, que faut-il que je fasse? Vous ne dites plus rien, et tout à coup vos yeux...
ANTIOCHUS
J'examine un travail et riche et curieux. Et trouve en cette boite un chef-d'œuvre si rare. Qu'il semble en l'admirant que mon esprit s'égare ; La façon est nouvelle, et j'en estime l'art.
ARSINOé.
Toute riche qu'elle est, je la tiens du hasard.
ANTIOCHUS
Quoi, madame, en vos mains le hasard l'a remise?
ARSINOé.
Ouï, seigneur, et c'est là ce qui fait ma surprise. Que qui, pour l'enrichir n'a rien fait épargner, Puisse en souffrir la perle, et n'en rien témoigner.
J'admire comme vous qu'on la tienne secrète : Mais, madame, attendant qu'on sache qui l'a faite. Souffrez que j'en jouisse, et tâche à profiter De ce qu'en ce modèle on peut faire imiter. Pour un travail charmant dont la garde m'est chère, Un ouvrage pai^eil me serait nécessaire; Et je ne saurais mieux en régler le projet...
ARSINOé.
J'eslimais ce dépôt, et j'en avais sujet;
Mais je vous l'abandonne, et ne veux pour partage
Que reprendre un portrait...
ANTIOCHUS
Ah ! C'est me faire outrage, En me le confiant, ne craignez rien pour lui, Et souffrez que sa vue amuse mon ennui, La peinture eut toujours de quoi me satisfaire.
ARSINOÂ.
Si j'en crois ce qu'on dit, celle-ci doitvous pUire; Et comme enfin, seigneur, vous vous y connaissez, Dites-moi d'un coup d'oeil ce que vous en pensez. Les traits en sont hardis, et la main...
ANTIOCHUS, Vemitéehant d! ouvrir la Mte,
Non, madame.
Déjà la rêverie occupe trop mon âme; Et du moins, devant vous, c'est à moi d'éviter Tout ce que je prévois qui pourrait l'augmenter. Du peintre, en ce portrait, examinant l'adresse, J'oublierais malgré moi...
ARSINOé.
Seigneur, je vous le laisse, Quoique sur ce travail j'aie à vous consulter, La reine qui paratt m'oblige à vous quitter.