‹ Théatre completChapitre 798 sur 1461 · SCÈNE IV ANTIOCHUS, TIGRANE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV ANTIOCHUS, TIGRANE

TIGRANE

Je ne demande plus d'où partait le silence Qui de votre secret m'ôtait la connaissance. Seigneur, il est donc vrai qu'un revers trop fatal M'apprêtait la douleur de vous voir mon rival, De voir tout ce qu'on craint dans un malheur exporter sur mon amour... [tréme,

ANTIOCHUS

Quoi, Tigrane, et vous-même Vous croyez que mon cœur pour la princesse at-

TioRANB. [teint...

Ah! Ce n'est pas de quoi ma passion se plaint. Arsinoé, sans doute, a tous les avantages Dont l'éclat puisse plaire aux plus nobles courages; Et, comme rien n'échappe à qui peut tout charmer, Puisque vous la voyiez, vous avez dû l'aimer. Je me plains seulement que l'aveu de ma flamme Ne m'ait pas attiré le secret de votre âme; Mon respect joint alors à ce que je vous doi, Eût été pour me vaincre une assez forte loi. Danscescommencements,quelqueardeur qui nous

[presse.

Des sens encor soumis la raison est maîtresse; Et contraint en naissant d'en étouffer l'appas, Si le cœur en soupire, il soupire tout bas; Mais, avant qu'éclater, vous m'avez laissé prendre Toutl'espoirqu'unbeaufeu puisse jamaisattendre; Vous avez consenti que ce cœur amoureux [reux: Touchât le doux moment quim'allait rendre heu- Demain l'hymen devait couronner ma victoire» Demain je devais être au faîte de la gloire. Et par l'affreux revers d'un trop funeste sort. Le jour de mon triomphe est celui de ma mort.

ANTIOCHUS

Non, non, quoi qu'il arrive, aimez en assurance,

Page 1