SCÈNE IV ARIARAÏE, ANAXANDRE
ANAXANDRB.
Kiradate prend grand soin de vous faire sa cour; ^je De doute point qu'il n'ait quelque avantage ^r quiconque voudra briguer votre sufl'rage. La secrète amitié qu'on remarque entre vous...
ARURATË.
S«igQear, celte amitié...
ANAXANDRB.
Je ne suis point jaloux.
Parlez-moi seulement avec pleine franchise. Vous savez mon espoir, la place est-elle prise? Proposez-vous Phradate ? En faites-vous un roi ?
ARIARATB.
Je ne sais si ce choix peut dépendre de moi ; Mais si l'espoir du trône est un bien qui vous flatte, Soyez sûr que jamais vous n'y verrez Phradate.
ANAXANDRE.
Si vous me dites vrai, je puis tout espérer. Chacun en ma faveur aime à se déclarer; Et,quoi qu'à mes rivaux nous voyions entreprendre. Si vous n'êtes pour eux, ils n'ont rien à prétendre; Mais, comme c'est par vous que je veux être roi, Le trêne, si j'y monte, est plus à vous qu'à moi. Prenez-en ma parole; et, pour plus d'assurance, J'y joins déjà les nœuds d'une étroite alliance. De l'hymen de ma sœur...
ARURATB.
Ah ! seigneur, voyez-vous Ce que le ciel a mis de distance entre nous?
ANAXANDRE.
Si d'un sang plus obscur le ciel vousa fait naître. Ce n'est pas un défaut pour qui sait vous connaître; L'éclat de cet hymen n'est que le moindre prix...
ABURATE.
D'un tel excès d'honneur je me montre surpris. Comme vous en secret l'ambition me flatte; Mais qu'opposerez- vous au prince Ariarate ? U est vivant, dit-on, et vient de ses aïeux...
ANAXANDRE.
Montonsautrône,Oronte,etlaissonsfaireaux dieux.
ARURATE.
Quoi, vous refuseriez de rendre la couronne?
ANAXANDRE.
Nous en saurons les droits si l'hymen me la donne. Alors, comme de tout le temps sait décider, Nous verrons s'il faudra la rendre ou la garder.
ARIARATB.
Du sang d'Ariarate on chérit la mémoire;
Et pour lui contre vous je crains qu'on ne fît gloire.. .
ANAXANDRE.
Fût-il ici l'appui d'un million de bras,
Avec le sceptre en main je ne le craindrais pas.
ARURATB.
Mais s'il vous opposait les plus augustes marques Que mit jamais le ciel sur le front des monarques, Pourriez-vous sans remords sur son trône usurpé...
ANAXANDRE.
Du foudre sans remords je m'y verrais frappé; Fût-il tout prêt à choir, il est bon de l'attendre; Mais c'est perdre du temps et l'on peut nousenten- Allez trouver la reine, et recevez ma foi [dre ;
Que le trône est à vous si son choix est pour moi.