SCÈNE III
LAODICE, ARJARATE, ANAXANDRE, CLÉONE.
LAODICE, à Anaxandre.
Prince, j'entends toujours parler d'Ariarate, On dit qu'il va paraître, et ce bruit est trop fort Pour me croire permis de régler votre sort. Entre de grands rivaux qu'un doux espoir engage A soumettre à ma fille un noble et pur hommage. Ce fils que les deslins vous réservent pour roi, Le diadème au front choisira mieux que moi. Le peuple cependant chaque jour fait connaître Qu'attendantqu'il se montreil veut un second mat- Qui commande, exécute, et puisse avec éclat [tre, M'aider à soutenir le grand poids de l'État. Aux dépens de ma main il faut le satisfaire; Et je crois que mon choix aura droit de lui plaire, Quand il saura qu'Oronte élevé jusqu'à moi...
ANAXANDRE.
Quoi, c'est par votre hymen que nousaurons un roi. Madame, et sur un bruit qu'eiprès on a fait naître, U nous faut recevoir un inconnu pour maître?
LAODICE
Prince, n'abusez point d'un excès de bonté Qui m'oblige à souffrir votre témérité; Je sais ce que je dois à l'Etat, à ma gloire.
ANAXANDRE.
Oronte! Et le sénat voudra-t-il vous en croire, Lui, qui pour vos sujets dont il soutient les vœux,
Demande un digne maître, et non pasunheureuï? Souffrira- t-il qu'un trône, où depuis tant d'année La naissance est l'appui des tètes couronnées, Où la splendeur du sang...
LAODICE
C'est trop, n'achcTez pis, Oronte est inconnu, son sang peut être bas, Je le saiscomme vous,mais, quoi qu'il enpuisseèlref Malgré vous, malgré Rome, il sera votre maître; Et si quelque insolent murmure de mon choix, Je suis reine, et le sceptre est la foudre des rois»