‹ Théatre completChapitre 841 sur 1461 · LAODICE, CLÉONE · texte numérisé non relu

LAODICE, CLÉONE

LAODICE

En vain tu me fais voir que le peuple est à craindre. Le projet est hardi, mais j'ai dû m'y cootraindre, Étoufi'er la nature, et ne balancer pas A couronner par là mes premiers attentats. Qui s'est pu dans le trône afi'ermir par le crime. S'il tremble à l'achever, mérite qu'on l'opprime; Et quand mille forfaits le rendraient odieux. Le dernier qui l'absout est toujours glorieux. Si je ne veux périr, sa mort est nécessaire.

CLBONB.

Pour votre sûreté je vois ce qu'il faut faire. Ce fils, dès son jeune âge instruit de vos desseins. Suivra, pour s'en sauver, les conseils des Romains; Et dans ce qu'ils auront de juste défiance, Vos jours seuls immolés feront son assurance; C'est ce que vous avez, sans doute, à prévenir. Anaxandre promet, mais pourra-t-il tenir? En jurant cette mort voyez ce qu'il hasarde. Le prince autour de lui doit avoir quelque garde. C'est un faible secours que vous ne craignez pas : Mais verra-t-on le coup sans connaître le bras? Un complice arrêté, que devient Anaxandre?

LAODICE

Ai-je dans son destin quelque intérêt â prendre?

Le coup fait, qu'il périsse, il m'importe fort peu.

Je ferai de son crime un entier désaveu.

Et croirai n'avoir plus â craindre un sort contraire.

Si d'un ambitieux Rome veut me défaire.

Ce n'est pas qu'il n'ait pris toutes ses sûretés,

Si ceux dont il se sert se voyaient arrêtés,

n m'a fait consentir qu'ils nommassent Oronte.

CLEONE.

Quoi, pour ce malheureux une haine si prompte,

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