‹ Théatre completChapitre 844 sur 1461 · SCÈNE III LAODICE, AXIANE, PHRADATE, CLÉONE · texte numérisé non relu

SCÈNE III LAODICE, AXIANE, PHRADATE, CLÉONE

LAODICE

Que m'apprend-on, Phradate,et qu'ai-jeàredoultf

PHRADATE.

L'aveugle emportement que semble avoir fait nalU Dans un grand peuple ému la perte de son maitre; Son désespoir éclate, et dans ses cris confus...

LAODICE

Hélas! Il est donc vrai que mon fils ne vitpias, Et qu'à mes vœux le ciel n'a paru favorable [bh Que pour mieux redoubler le malheur qui m'acd J'avais eu trop de joie, et tous mes sens saisis Goûtaient trop le triomphe où j'attendais ce âls; Il faut que de sa mort sa gloire soit mm.

PHRADATE.

C'est ce triomphe seul qui lui coûte la vie. Par votre ordre, madame, on a fait son ponToir Pour le mettre en état de l'aller recevoir. Le peuple, sous ses chefs en superbe équipife, Brûlait de s'acquitter de ce premier hommafe. En sortant de la ville avec l'empressement Qu'inspire à des sujets un si grand changemeoL A peine avions-nous fait mille pas dans laplalK Que nous voyons de loin briller l'aigle romaine, Qui vers nous, à pas lents, paraissant s'avancer, Donne à nos escadrons le temps de se placer. On s'arrête ; et tandis qu'on veut se rendre malU De l'ardeur qu'à le voir nos soldats fonlparaltn Ariarate arrive, et se livre en nos mains, Suivi d'Aquilius et d*un gros de Romains. i D'une foi toute pure il a d'abord pour gages ,ffl Nos pi us profonds respects,nos plus soumishomai Il soufl're avec plaisir qu'on le puisse approcher, Et nos devoirs rendus on commence à marcber C'est là qu'entre deux chefs un intérêt de gloire Fait naître un difl*érend qu'on aura peine àcroir Tous deux proche du prince, et le voulant garder, Disputent un honneur qu'aucun ne veut céder; Et dans l'aveugle ardeur de cette préférencet Tandis qu'avec Oronte Aquilius s'avance, Tel est l'emportement qui soutient leurs dessein Qu'aprèsquelque menace ilsen viennent aux main D'un parti contre l'autre on voit la troupe émue, Malgré nous on se mêle, on se bat, on se lue; Quand d'un funeste coup jusqu'au prince écbapf Dans ce fatal désordre il est d'abord frappét Il tombe, et, sans avoir la force de rien dire. A peine a-t-il poussé deux soupirs qu'il eipir«- Celte mort de frayeur saisit les combattant*»

LAODIGE, ACTE IV, SCÈiNE V.

On arrête les chefs et lœ plus importants;

Et Toulant qu'à vos yeux l'attentat s'éclaircisse,

iqoilios ici vient demander justice.

LAODICE

DTaura tout entière^ et je lui ferai voir tliorreur que j'ai d'un crime et si lâche et si noir. > tomuite imprévu cache quelque mystère, tome a pour l'éclaircir le pouvoir d'une mère ; IjaDt nourri mon ûls elle est au même rang, Be est aux mêmes droits où je suis par le saug, Kflie intérêt Teogage à se faire justice ; Ide quelque façon qu'un monarque périsse, It-ce par un malheur qu'on n'eût su prévenir, % crime du hasard est un crime à punir.

(i ÀJÛane,) ^cesse, à ma douleur prêtez encor la vôtre ; %armieux venger ce fils, pressons l'une par l'autre. lîoas eût mise au trône ; et pour en démentir RoJQstice du sort qui n'y peut consentir, i^me de ses dons souffre que je dispose, fclreespoir n'aura rien où mon chagrin s'oppose, (Mea» son aveu, je vous rends vos États.

AXIANB.

Iiiaoïe, vos hontes ne me surprennent pas; lêsje me croirais l'àme aussi lâche qu'ingrate, l/iéliais sitôt la mort d'Ariarate.

Ksfezla, punissez un perfide assassin, file sénat après réglera mon destin.

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