SCÈNE IV
UODICE, AXIANE, ANAXANDRE, PHRADATE, CLÉONE.
LAODICB.
Ibien, mon fils est mort, Anaxandre?
ANAXANDRE.
Ouijmadame, ^sles bras des Romains il vient de rendre l'àme; • gloire a fait sa perte, et jamais on n'a vu l^ers plus surprenant, ni coup plus imprévu.
LAODICB.
kcecoupdu hasard je perce le mystère.
Wà ce que me coûte un peuple téméraire, ^i me voulant contraindre à faire choix d'un roi, Itte à l'ambition des armes contre moi. pdouleur entre vous ne désigne personne, te mon fils n'étant plus, ma fille a la couronne; Ile don de sa main qui fait tant de jaloux, fcrqui peut y prétendre a des charmes bien doux. fcs ce coupable espoir mon fils vivrait encore.
PHRADATE.
ift soupçon peut avoir des raisons que j'ignore; tûs, comme enfin par là mon honneur est noirci, « me rends prisonnier tant qu'il soit éclairci. ITmnocenceà l'épreuve aisément s'abandonne.
ANAXANDBB. [UO ;
lladame, il estfàcbeux de voir qu'on noussoupçon-
Mais si l'espoir du trône a pu nous engager A résoudre une mort que vous devez venger, Que croira-t-on d'Oronle, à qui dans ce jour même Votre hymen résolu donnait le diadème?
Je ne Taccuse point, mais on est étonné Que venant pour le prince il l'ait abandonné, Qu'avec Aquilius s'avançant vers la ville Il ait rendu pour lui son secours inutile. Et semble, tout exprès, s'être mis hors d'état D'apporter quelque obstacle à ce lâche attentat. On se plaint, et beaucoup le traitent de coupable.
AXIANE
De tant de perfidie Oronte est incapable,
Sa vertu, sou grand cœur, tout parle assez pour lui.
ANAXANDRE.
Je sais que sa vertu lui doit servir d'appui. Qu'un vrai héros est ferme, et jamais ne s'oublie; Mais Aquilius sait ce que l'on en publie ; Et dans l'horreur du crime où va la trahison, Peut-il se dispenser d'en demander raison ?
LAODICE
D'Oronte pour l'État le zèle inébranlable Repousse les soupçons qui le peignent coupable; Pour les pouvoir souffrir sa gloire a trop d'éclat.
ANAXANDRE.
Madame, Aquilius parle au nom du sénat; Et quand d'Ariarate il doit lui rendre compte, S'il demandait qu'à Rome on envoyât Oronte, Pour l'oser affranchir d'un ordre si pressant, Pensez-vous qu*il suffit de le croire innocent?
AXIANE
Le voici qui parait, souffrez que je vous quitte. Un sensible intérêt à punir vous invite, Madame ; et je craindrais dans un sort si cruel, D'avoir de mauvais yeux à voir le criminel.