LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE II, SCÈNE X
Aux belles comme vous, tient toujours lieu d'ou- Haisîl oe vous en fait aucu n, et, tout de bon , [trage, Vous chercher à deux fois auprès d'une poupon. Auprès de cette nièce, à peine encore au monde, (Test une gloire en vous qui n*a point de seconde. On m'en avait bien dit, et j'en trouve encor plus.
ANGÉUQUE.
Qoe dirai-je, ma tante ?
LA MONTAGNE
A d'autres ces abus.
Ma tante!
LA TANTB.
Je la suis.
LA MONTAGNE
Et celle-ci la nièce?
LA TANTE
Ble s'est déclarée.
Oui, pour me faire pièce, Gomme provincial vous voulez me sonder, lais ce n'est pas à moi qu'on en baille à garder.
LA TANTE
On De TOUS trompe point.
LA MONTAGNE
Quoi , vous seriez la tante ?
LA TANTE
l»-mème.
LA MONTAGNE
Je ne sais si le diable me tente, Mais je sais qu'il me fait vouloir que cela fût. Ab.qoel plaisir alors de s'aimer but à but! Car ne pouvant causer qu'un mal de cœur extrême, Tel qu'on l'aurait pour vous, vous l'auriez tout de Maldecœurenanaourest un drôle de mal. [même ; Mais qui de notre tante est donc l'original? Saûs railler, est-ce vous ?
LA TANTE
Je ne suis point surprise De TOQS voir affecter exprès cette méprise ; Voas êtes obligeant, et me voulez flatter.
LA MONTAGNE
NoQ, ma foi, j'enrageais d'avoir lieu de douter; Et déjà je songeais à trouver quelque adresse lN>or planter là la tante et donner sur la nièce.
LA TANTE
Manièce estrelle si...
Chacune vaut son prix, Mais enfin*
ANGÉLIQUE, baâ à Litette, Est-il fou de s'être ainsi mépris?
LISETTE
Lebeaa jeune seigneur! Qu'il est bien fait!
LA MONTAGNE
Ma mère ^ pris aussi, dit-on, grand plaisir à me faire, El je m'en suis senti, car certain air gaillard Que j'ai d'elle hérité, me rend tout égrillard, le vous divertirai, belle tante. Ah, ma nièce!
Il faut céder, la tante est la même jeunesse. Certai ns traits enfantins, doux, mignons, délicats. ..
LA TANTE
Ne me louez point tant.
LA MONTAGNE
Je ne vous louerais pas.
Vous que je vois briller comme fleur printanière? Dieu me sauve, il n'est point... Montrez-vous par
derrière, Vous êtes encor mieux, et si propre à charmer, Qu'il ne faut point vous voir afln de vous aimer. Le port beau , l'ai r poupi n . J'en tîe n s, et sans remède. Quelle taille!
LA TANTB.
Il en est qui l'ont un peu plus laide*
Comment diable ! Et de plus de cinquante carats.
LISETTE
Qu*il a d'esprit, madame !
LA MONTAGNE
Ah ! L'on n'en doute pas.
LA TANTE, à Oronte.
Vous êtes tout rêveur,
LA MONTAGNE
J'eusse eu peine à m*en taire Si vous ne l'eussiez dit. Rêve-t-il d'ordinaire? C'est un mal de chagrin dont je crains les accès.
LA TANTE
Il est à pardonner quand on a des procès.
LA MONTAGNE
Monsieur en a ? Tant pis. Monsieur est de province.
ORONTE
Auvergnat.
LA MONTAGNE
On prétend votre noblesse mince.
Et vous venez ici la réhabiliter?
ORONTE
Je crains peu que l'on songe à m'en inquiéter.
LA MONTAGNB.
J'en connais, soi-disant, issus de haute race. Nobles comme le roi, qu'on remet dans la crasse. Parmi de vieux papiers abandonnés aux rats. Us ont beau la plupart dénicher des contrats, Leur gentilhommerie étant toute en paroles, j Ne se trouve de poids qu'à celui des pistolcs. A nous autres barons qu'on voit hors du commun. On n'a pas dit un mot, moins à moi qu'à pas un. Aussi, partout le bruit de ma noblesse craque. Mon père était Kerling, et ma mère Albikraque, Deux familles, pensez, d'éclat et de renom. Qu'on s'informe, on verra si quelqu'un dira non.
LA TANTE, bas à Oronte, Vous n'avez pas sujet...
LA MONTAGNE
Je vous trouve inquiète, Est-ce que vous craignez de me sembler mal faite? Ma foi, quand tout exprès, pour me rôtir d'amour, L'ouvrier qui vous fit vous aurait faite au tour, Qu'il aurait compassé, pour me rendre tout vôtre