‹ Théatre completChapitre 879 sur 1461 · SCÈNE I LÉANDRE, LISETTE · texte numérisé non relu

SCÈNE I LÉANDRE, LISETTE

LÉANDRB.

Nos amantsàleurs feux vonttrouverpeud'obstacles, Notre nouveau baron fait pour eux des miracles; Et de ce cabinet qu'il appelle enchanté, Je suis exprès sorti pour rire en liberté. La tante a beau vouloir faire un pas vers Oronte, Il a, pour l'arrêter, toujours un nouveau conte; Et sur chaque tableau la faisant harangaer, Il la force à l'ouïr, ensuite extravaguer. Ainsi pour nos amants point de tante importune.

LISETTE

Ce n'est pas là pour elle une grande infortune. S'il la prive d'Oronte, au moins, d'une douceor, De moment en moment il lui flatte le cœor; Mais quand elle vous tient à l'écart l'un ou l'intre, 11 n'est point de plaisir qui soit égal au vôtre. Vous passez votre temps à ravir.

LEANDRE

Justement, Oronte en a talé.

LISETTE

Très copieusement.

Jamais on ne souffrit de si longue torture.

LÉANDRE

Il m'a dit en deux mots toute son aventure.

LISETTE

Quand dans le cabinet il vous a parlé bas, J'^i bien cru qu'avec vous il ne s'en taisait pas.

LéANDRB.

Tu fais le guet pour eux, et les laisse surprendre?

Quand le malheur en veut, on a beau s'en défendre. Oronte étant entré, j'ai couru promplemenl Pour rejoindre la tante en son appartement; Mais par sa défiance elle a trompé la nôtre, J'ai pris un escalier, elle venait par l'autre.

LEANDRE

Oronte cependant tombe en de bonnes mains.

LISETTE

Qu'il s'en tire s'il peut.

LEANDRE

C'est comme tu le plains.

USBTTE.

Si tant de charité pour lui vous inquiète. Faites le tour d'ami, son affaire vaut faite, La tante vous adore, et vous préférera.

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