‹ Théatre completChapitre 897 sur 1461 · LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE IV, SCÈNE VU · texte numérisé non relu

LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE IV, SCÈNE VU

Jusqaes en Angleterre il alla prendre Tair. D'autre part, le baron, dont l'âme est assez flère, Jura d'exterminer le pauvre la Rapière; Et sachant au retour ce qui s'était passé, Voilà contre son nom un procès commencé : Ainsi qu'un vagabond sans feu, ni lieu» ni race, La Rapière est pendu soudain par contumace. Jugez si, quand de tout il nous faut défier, Mon maître en cet état s'oserait marier.

LA TANTB.

Je le blâmais d'abord d'abuser une fille Dont la gloire intéresse une illustre famille, Mais qui peut écouter deux galants tour à tour, Mérite la disgrâce où la plonge l'amour. L'honneur sur un seul choix fixe les feux pudiques.

PHILIPIN.

On se moque aujourd'hui de ces honneurs uniques; Et chacun, comme il peut, vivant sur le commun. C'est n'avoir pointd'amantque de n'en avoir qu'un. Mais, madame, cela ne fait point notre afîaire.

LA TANTE

11 faudrait par amis...

PHILIPIN.

L'a-t-on pas voulu faire?

Autant de temps perdu. Ce diable de baron, Quoi qu'on puisse alléguer, ne change point de ton, Toujours parle de pendre et rien à l'amiable.

LA TANTE

Le voici, je veux voir s'il est si peu traitable.

PHILIPIN.

Ahl Madame, gardez de lui rien déclarer. Que mon maître avec vous n'en ait pu conférer.

LA TANTB.

Va, n'appréhende point que je lui puisse nuire.

PHILIPIN, bat.

Il s'en va tout gâter, comment l'oser instruire?

Page 1