‹ Théatre completChapitre 899 sur 1461 · LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

LE BARON D'ALBIKRAC, ACTE IV, SCÈNE VII

Le baron, sans réserve, aspirant à vous plaire, le prendrais ]e plus sûr. .

LA MONTAGNE, ifot à Philipin.

J'entends, laisse-moi faire.

PHIUPIN, bas ù La Montagne.

[Hs qu'il sera pendu tout au moins.

LA MONTAONE, Ù iù tante.

Pardonnez Le désordre où mes sens se sont abandonnés: ta douleur m'a d'abord suffoqué la parole.

LA TANTE

Laccidenl est de ceux dont rien ne nous console ;

Slj'aTOue...

LA MONTAGNE

11 est vrai, je sais qu'il serait mieux Due de honte et d'ennui j'en mourusseà vos yeux ; bismasœur,don t le sexe estmoi ns Torique le nôtre, à fait une folie, et j'en ferais une autre. Tmns donc, s'il vous plaît, nonobstant son délit, (Test son affaire.

LA TANTE

Il faut vous en guérir l'esprit, !l, pour faire flnir les ennuis qu'il vous cause, Avecque la Rapière accommoder la chose.

Ihijaccommoderais? Vous ne songez donc pas (^de tous cas vilains, c'est le plus vilain cas? Coaunent, dans un château dont l'antiquité brille, Veoir de guet-apens débouter une ûlle.

Duper sa prud'homie à force de douceurs. De ma sœur qu'elle était, la faire de nos sœurs. Cl, quand il en est soûl, lui tourner le derrière? Âh! Vous serez pendu, monsieur de la Rapière.

LA TANTE

ie sais qu'il est coupable, et je l'ai dit d'abord, lais il est des moments où l'amour est bien fort; Et pour un peu d'empire usurpé sur son âme, U malheureux qu'il est sera...

LA MONTAGNE

Pendu, madame.

Alasœur d'un baron apprendre à provigner I

LA TANTE

Qooi, ne pouvoir souffrir qu'on tâche à vous gagner, Et contre un gentilhomme avoir l'âme si fière?

LA MONTAGNE

Oui, pendu, lui, vous dis-je : et sa gentilhommière. Ne tient-il qu'à venir affronter des barons? Pwâon cou, sans ressource...

LA TANTE

Hé bien, nous le verrons.

If aimez-vous?

LA MONTAGNE

Les transports dont mon âme est suivie, î^evous font que trop voir...

Donnez-moi donc sa vie, Sans cela, point de foi.

LA MONTAGNE

Qui diable, en demi-jour.

Vous est déjà pour lui venu faire la cour? Vous en a-t-on appris le pays, la naissance?

LA TANTE

Signons sa grâce, après entière confidence.

LA MONTAGNE

Signons puisqu'il le faut, mais à condition Que vous ne ferez point languir ma passion. Et que, dès aujourd'hui, par bon contrat en forme. J'aurai droit de vous dire, attendez-moi sous l'orme : Sans cela point d'accord.

LA TANTE

Vous prendre pour époux Ne serait pas, sans doute, assez faire pour vous. Ma nièce est jeune etriche, allez, je vousladonne.

LA MONTAGNE

Et moi, je vous la rends; vous me la baillez bonne. Je hais ces yeux fripons dont la malignité Est, dit-on, fort sujette à la fragilité. Par la moindre douceur leur friandise émue Laisse égarer soudain leurs regards vers la nue; Et pour peu qu'un galant prenne la balle au bond...

LA TANTE

Ma nièce ne vit pas comme les autres font.

J'ai pris soin de l'instruire, et je répondrai d'elle.

D'accordy mais...

LA TANTE

Elle est riche, et de plus...

LA MONTAGNE

Bagatelle.

C'est à vous que j'en veux.

LA TANTE

Mes beaux ans sont passés.

J'enlaidis tous les jours.

^ LA MONTAGNE

Plaisez-moi, c'est assez.

LA TANTE

Vous ne voulez pas voir que j'avance dans l'âge, Que je n'ai plus...

LA MONTAGNE

Tant mieux, vous en serez plus sage.

LA TANTE

On m'a parlé de vous, je ne le puis nier ;

Mais sitôt que je songe à me remarier.

Les soins que le défunt prit toujours de me plaire,

Ce que, pour m'attendrir, il s'efforçait de faire.

Tout cela me ramène un souvenir si doux.

Qu'à faire choix d'un autre en vain je me résous.

Je ne suis plus moi-même aussitôt qu'il me frappe.

LA MONTAGNE

Vous l'avez bien trouvé,c'est par là qu'on m'attrape.

LA TANTE

Que Lisette...

LA MONTAGNE

Employez et le vert et le sec.

Pour me faire passer la plume par le bec. Nous verrons qui de nous y trouvera son compte.

LA TANTE

Quoi donc...

hE BARON DALBIKRAC, ACTB V, SCÈNE I.

LA MONTAONK.

Vous milonoez le Uciturne OroDle; Et si jamais Thymen le met entre vos bras, Vous prendrez patience, et n*en pleurerez pas.

LA TANTS.

Maissi jenesens point pour vous graqde tendresse?

Uk IIONTAONB.

Si je n*en sens non plus pour votre sotte nièce?

LA TANTH.

Qu'a-t-elle de si sot pour vous en dégoûter?

LA MONTAGNE

Et qu*ai-je de si laid pour me tant rebuter?

LA TANTK«

Vingt miileéous pour elle ont entré dans la masse.

LA UONTAGNB.

Mille barons et plus sont sortis de ma race.

LA TANT&

Mon bien, en Tépousanl, vous est sûr quelque jour.

LA MONTAQNS.

Vous devenez baronne en payant mon amour.

LA TANTE

Mais quand ce ne serait que cet hymen m'importe.

LA MONTAONB.

Serviteur.

LA TANTE

A la fin la colère m'emporte.

Ah, le vilain magot qui refuse les gensl

LA MONTAGNE

Ah, la laide guenon qui jase à soixante ansl

Quoi ,j oindre impudemment le mensonge à l'inj ure? Soixante ansl

LA MONTAGNE

Oui, soixante, à fort bonne mesure, Et je le maintiendrai devant votre mignon, Je le connais.

USETTS.

Voyez le joli compagnon Qui nous donne des ans; elle n'en a pas trente.

LA MONTAGNE

Le blondinage a Tart de m'escroquer la tante ; Et chacun pour soi-même agîssantcommeilpeul, Je laisse heureux Oronte à qui seul on en veut. Pour vous garder à lui vous m'avez fait la pièce De vouloir sottement m'endosser de la nièce. L'afi'i'ont pour un baron est un outrage indu, Mais la Rapière aussi, net, il sera pendu. Adieu, tante.

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