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SCÈNE II NICOMÉDE, ÉLISE, ALCINE

ÉLISE

Vous VOUS éloignez, prince?

NICOMÉDE.

On m'y force, madame ; Mais dans ce déplaisir, ce qui flatte mon âme. C'est que Flaminius, s'éioignant avec moi. N'aura plus contre vous d'empire sur le roi. Son départ, en ces lieux, assure voire asile.

RELISE

Rome pour nous troubler trouvera tout facile; Elle a d'autres agents, dont le secret pouvoir De votre éloignement saura se prévaloir. Quoi qu'ils veuillent oser, nous serons sansdéfense.

NICOMÉDE.

Madame, attendez tout de mon impatience;

Par un retour si prorapt, s'il vous faut mon secours.

ÉLISE

Ah! Prince, vous parti, vous l'êtes pour toujours. Ne vous offensez point de ce triste présage, Rome, pour Annibal, vous demande en otage. Et vous n'en reviendrez qu'après que nos tyrans De sa ruine entière auront de sûrs garants.

KICOMÈOB.

Quoi, le roi soufTrirait..

ÉLISE

J'oserai plus vous dire.

A vous voir éloigner le roi lui-même aspire; Et cet ordre soudain qui nous prive de vous. N'est que l'indigne effet d'un mouvement jaloux. Je n'en saurais douter, prince, j'ai su lui plaire. Ses regards enflammés ne me le peuvent taire ; Ma vue est le seul bien dont il cherche à jouir. Et souvent j'entends plus que je ne veux ouïr.

MIGOMÉDE.

Pardonnez mon désordre à ma surprise extrême. Quoi, madame, il se peut que Prusias vous aime. Que l'ordre de partir...

Si vous obéissez.

Prince, voyez, de grâce, à qui vous me laissez.

NICOMÉDE.

Si j'osais le bien voir, je craindrais de trop dire. Adieu, madame.

ÉLISE

Hélas I

NICOMÉDE.

Quoi, votre cœur soupire?

A quoi dois-je imputer ce tendre mouvement? Quand je trouve un ri val, l'obtiens-je comme amant? Parlez.

ÉLISE

Que vous dirai-je?

NICOMÉDE.

Expliquez-vous, de grâce.

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