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LA MORT D'ANNIBAL, ACTE II. SCÈNE IV

EUSB,

Un soupirdit beaucoup quandlecœurs'embarrasse; Et qui peut Tarracber, après mille combats, Le mériterait peu s'il ne rentendait pas.

NICOMBOB.

0 trop charmant aveu de U plus belle flamme, Dont ait pu jusqu'ici brûler une grande âme! Que le ciel m'abandonne à son plus vif courroux, J'en craindrai peu les traits étant aimé de yous. Mon exil me plaira, si dans la Bîthynie Il vous fait des Romains braver la tyrannie. Heureux cent et cent fois de voir ma liberté Servir d'un digne prix pour votre sûreté. Avec la même ardeur qu'elle vous est offerte, Je voudrais de mon sang racheter votre perte; Et, par ce sacrifice, apprendre assez à tous Que peut-être mon cœur était digne de vou3.

ÉLISB.

Quoi, si ce pur amour fait toute votre gloire, Il faut m'abandonner pour me le faire croire!

KICOMÉDE.

Quoi, pour votre repos je pourrais lâchement Refuser de souscrire à mon éloignement?

De nos jaloux destins tel est Tordre barbare, Que l'amour qui nous joint lui-même nous sépare. En vaiH pour nous unir nous ferions nos efforts, Vous ne restez ici que parce que j'en sors; Et le coup que fuit l'un devant tomber surFautre, Mon exil évité serait l'arrêt du vôtre. Cédons, cédons, madame, à d'injustes projets.

BUSE

Ainsi vous me quittez peut-être pour jamais?

NieOMiDB.

Le ciel adoucira cette rigueur extrême.

iUSB.

Que faire cependant?

mCOMÉDB.

Songer que je vous aime; Et si le roi vous presse, accepter de sa foi Ce que je ne veux pas que vous perdiez pour moi

ÉUSB.

Ah I Prince, songez-vous jusqu'où va cet outrage? Et quand mon intérêt à l'exil vous engage. Les maux que vous croyez qu'il me fasse éviter. Approchent-ils de ceux qu'il m'offre à redouter? Donc j 'aiderais moi-même au desti n qui vous brave, J'aurais le nom de reine» et vous celui d'esclave, Et les fers que dans Rome on vous ferait traîner, Me vaudraient la douceur de me voir couronner?

NICOMÈOB*

Et quel repos pour moi prétendre en Bithynîe, Si, faute d'en partir, je vous en vois bannie. Et de nouveau réduite au funeste revers D'aller de cour en cour, et de passer les mers? En souffrirai-je moins, quand la main qui m'oppri- De l'orgueil des Romains vous fera la victime, [me. Et que vous deviendrez, sous leurs indignes lois, Et le jouet des vents, et le mépris des rois? Pour m'épargner l'horreur d'un si cruel supplice,

Madame, au nom des dieux, souffrez que j'obéisse, Et que jusque dans Rome affrontant vos tyraoi, J'aille vous arracher à vos destins errants. J'y porterai des fers en y portant les vêlre», Maisce cœur tout à vous n'en recevra pointd'tatres; Et j'y conserverai l'entière liberté, Que du sang dont je sors exige la fierté. Quelque mat Ire des rois dont le sénat se Domnc... Mais Annibal...

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