‹ Théatre completChapitre 943 sur 1461 · PRUSIAS, ARAXE · texte numérisé non relu

PRUSIAS, ARAXE

PRUSUS.

Va, traître, et puisqu'enûn le crime peut te plaire,

Pour obtenir la fille assassine le père. [nuit.

Que je suis malheureux I Tout me perd, tout me

Si je forme un projet, mon rival le détruit ;

Et Rome, en un moment, par de lâches surprises,

Fait tourner contre moi toutes mes entreprises.

Impitoyable amour, que ne t'ai-je étouffé

Avant que de mon cœur ta flamme eût triomphé;

Je ne me verrais pas esclave d'une haine

Qui veut que je m*oppose à la fierté romaine;

Et tout à ma grandeur, sans plus rien épargner,

Aux dépens d'Annibal, j'apprendrais à régner.

Mais pourquoi foser croire, ô grandeur importune,

Serviles intérêts d'État et de fortune,

Qui, pour me conserver le vain titre de roi,

M'ôtez la liberté de disposer de moi?

Sans vous de l'amour seul j'écouterais la flamme.

Le trône n'aurait rien qui partageât mon âme ;

Au lieu que l'un et l'autre attirant tous mes vœux,

Sans céder à pas un, je cède à tous les deux.

0 désirs de grandeur, fiers mouvements de gloire.

Amour, Rome, Annibal, qui de vous dois-je croire?

Qui de vous dans mon cœur doit enfin l'emporter?

ARAXE

Sachant ce qui se passe, avez- vous à douter? Il faut perdre Annibal, cette seule entreprise Afl'ermit votre trône, et vous acquiert Élise; Par là vous gagnez tout.

PRUSUS.

Pe|Hlre Annibal I Hélas I

ARAXE

Etes-vous en état de ne le perdre pas? Décidant de ses jours, Attale...

PRUSUS.

Ah, le perfide I Mais le serai-je moins si ma flamme en décide?

ARAXE

De tels crimes au sort doivent être imputés.

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