LA MORT D'ANNIBAL, ACTE IV, SCÈNE VI
Il a donné Tarrêt, et vous l'exécutez.
Annibal est trahi ; puisqu'il faut qu'il périsse, Attirez-vous le fruit de ce grand sacrifice, Voyez Flaminius, et, sans plus différer, Quoi qu'Attale ait promis, faites-vous préférer.
PRUSIAS
Mais c'est flatter mon feu d'un espoir inutile. Si Ton voit que par moi...
ARAXB.
Le remède est facile.
Employez des Romains, et par eux seulement, Faites prendre Annibal dans son appartement. Le coup fait, plaignez-vous de cette violence, Rendez suspect Attale, et demandez vengeance. Enfin, quand le succès manquerait à vos feux, C*estbeaucoupd'empôcherqu'unrivalsoitheureux.
PRUSUS.
Tu dis vrai, je me rends, ma passion l'ordonne, Asesbrûlantstransportstoutmoncœurs'abandon- Dût ce que j'entreprends me devenir fatal, [ne ; Je ne puis endurer le bonheur d'un rival. C'en est fait, perdons tout dans ce besoin extrême, Attale par mon fils, Annibal par moi-même; Et comme à triompher voici notre grand jour. Perdons jusqu'à ce fils s'il nuit à mon amour. Le voici.