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SCÈNE II ÉUSE, PRUSIAS, ATTALE, ARAXE

ATTALE

Midame,craignonstout,c'estpeuqu'onvousirahis- De ses pièges sur moi Rome étend l'artifice ; [sc^ Et ma garde séduite, au lieu de m'écouter, le fermant le passage a voulu m'arrèter : Je me le suis ouvert malgré sa résistance, f ai rejoint Ânni bal, embrassé sa dérense; Mais j'ai bientôt connu que contre les Romains, Trahis de toutes parts, nos efforts étaient vains. Ceuiqui TenvironDaieD t, quoi qu'il en dût attendre, Lelivraient bien plutôt qu'ils ne l'osaient défendre; Ds m'ont mis hors d'état de le plus seconder; Et le voyant au nombre obligé de céder, CoQtre les noirs complots d'une jalouse envie Je suis ici venu vous apporter ma vie : Disposez-en, madame, et pour vous secourir, Senons-nous des moyens qui se pourront offrir, fose tout entreprendre, et puisque je vous aime...

BUSE

L'assurance est pour moi d'une douceur extrême. Venez, venez tous deux, nobles héros d'amour. Qui, tandis qu'on se bat, me faites votre cour: A couvert du péril où le soin de me plaire Vous a fait, sans scrupule, abandonner mon père, Satisfaites l'ardeur de vos tendres désirs, épargnez votre sang, et poussez des soupirs. Qu'ai-je affaire de vous, lâches, et de vos vies. Lorsque d'un cœur si bas vos offres sont suivies ? Pour m'arracher au sort, en braver le courroux, S'il ne faut que mourir, je mourrai bien sans vous.

ATTALK.

1^'un reproche si dur l'injustice m'étonne, [donne; ^abandonne, il est vrai, mais quand on m'aban-

Et je rendrai bientôt votre esprit éclaîrci, Si c'est pour m'épargner que je parais ici.

PRU8U8, à Anale,

Par les commencements on peut prévoir la suite : Vous trouvez, dites- vous, votre garde séduite ; Et le même intérêt qui retient vos soldats. Sur le point d'oser tout, retiendra votre bras.

ATTALB.

Gardez qu'à vos dépens vous le puissiez connaître ; Si la trahison plaît, on abhorre le traître; Et, pour goûter le fruit de vos desseins jaloux. Tout mon sang à verser est de l'emploi pour vous,

PRUSIAS

Noue verrons s'il sera difficile à répandre, Quand vous attaquerez ce que je viens défendre.

ATTALB.

Oui, le sang d'Annibal doit être défendu; Mais de ses défenseurs on sait qui l'a vendu.

Qu'importe qui de vous m'assure d'un vrai zèle. Quand Annibal vous voit l'un et l'autre infidèle? C'était autour de lui qu'il fallait étaler Ce beau feu qui pour moi s'offre à tout immoler. Celui qui des Romains eût garanti mon père, Se fût acquis le droit de prétendre à me plaire; Mais enfin, vous l'avez tous deux abandonné. Tous deux signé l'arrêt qu'un parjure a donné ; Et l'ardeur qu'à l'envi vous me faites paraître, Ne m'offre un défenseur qu'en me cachant un traître. Mais je veuv en tous deux croire une égale foi ; N'ayant pu rien pour lui ,que pourrez-vous pour moi? L'exemple d'Annibal, contre un si rude orage. N'a pu vous inspirer ni vertu, ni courage; Et, dans cette honteuse et timide langueur, Une fille en parlant vous donnera du cœur? Ah ! Je vois ce que c'est, bien d'autres le connaissent, I^sroisne sont plus rois où les Romains paraissent. Tremblez, princes, tremblez, l'honneur du sang Se maintenait encore à l'ombre d'Annibal. [royal Dépouillé qu'il était, il vous rendait terribles; Armés de son seul nom vous étiez invincibles ; El sa vie employée à votre sûreté.

Vous mettait à couvert de la captivité; Le destin des Romains n'attendait que sa perte, Pour voir la terre entière à l'esclavage offerte. De votre liberté lui seul était l'appui. Il la faisait revivre, elle meurt avec lui. Vains fantômes d'honneurs! Impuissantes idoles! Esclaves en effet, soyez rois en paroles, En vain du plein pouvoir vous deviendrez jaloux, S'il n'est plus d'Annibal, plus de trêne pour vous.

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