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LA MORT D'ANNIBAL, ACTE V, SCÈNE IV

Un lâche Va yod du ce qae Rome souhaite : Pour combler lou triomphe, et le voir sans égal, Viens-tu joindre mon sang à celui d*Annibal ?

FLAMINIUS

Modérez un transport dont j'aurais à me plaindre, Pour le sang d'Annibal vous n'avez rien à craindre; Entre les mains des miens à qui je l'ai remis, Pourvu qu'il vienne à Rome, il n'a plus d'ennemis. De sa haine outrageante il lui doit quelquecompte. Dans la paix de Carthage il trouva de la honte, S'en bannit pournousnuire,et, surce faux abus. Vint enfin contre nous armer Antiochus : Il s'en justiflera. Pour vous, dont le seul crime Est de croire un peu trop le sang qui vous anime, Vous n'avez point de Rome à craindre le courroux. Elle estjuste, et vousoffreuntraitementplus doux. Saisi de son pouvoir, j'aime à vous faire grâce. Recevez son appui sans orgueil, sans audace; Et, quelques biens par là qui vous soient accordés. Voyez toujours la main de qui vous dépendez.

ÉUSB.

Hé bien, mes défenseurs, me voici donc esclave. Sans rien faire pour moi, vous souffrez qu'on me Etmalgrévossermentsdenemepoinltrahir,[bravc; Votre maître a parlé, c'est à vous d'obéir? Où sont-ils cessermentsd'osertoutpourme plaire, Traître8,qui melivrez aussi bien quemonpère; Et, quand il faut montrer qu'un de vous ne l'est pas, Que devient votre cœur, que devient votre bras?

ATTALE

C'esttrop,c'esttropsouffrir qu'un perfide secache. Vous l'allez voir ce cœur qui vous a paru lâche. Et juger qui de nous, par son manque de foi. Méritait les soupçons qui sont tombés sur moi.

{A Flammiut») A quel titre, à quel droit vos jalouses envies Vous peuvent-elles rendre arbitre de nos vies, Et qui vous fait ainsi, selon votre intérêt, Disposer de nosjoui^ quand et comme il vous platt? Est-ce par l'amitié que le sénat me garde, Que vous avez pris soin de corrompre ma garde; Et les plus noirs forfaits, à vous seuls réservés, Deviennent-ils permis quand vous les approuvez? Quels droits sur ce beau sang quel'onvientdevous Celuiquivouslevendavait-ilàprétendre? [vendre, Ce que jamais sans vous il n'eût sacrifié, L*a-t-il pu par l'honneur d'être votre alh'é? Honneur injurieux! Captieuse alliance!

J'y renonce, et d'Élise entreprends la défense. Point d'autres lois pour moi que son ressentiment.

FLAMINIUS

Pour unroi dedeux jours, c'est parlerhautement.

ATTALE

La majesté des rois toujours brillante et pure. N'a ni vos volontés, ni le temps pour mesure; Et qui l'est un moment, doit contre vos souhaits Prendre assez de fierté pour n'obéir jamais.

FLAMINIUS

Je plains de cet orgueil l'aveuglement extrême.

Pour me connaître mieux connaissez-vous vons-ioê^ Etsurcequepourvousle trônead'éclataDl, [me Retournez à Pergame, Eumène vous attend.

Eumène I

FLAMINIUS

Oui, c'est par lui que le ciel y rappelle, Que vous avez trouvé votre garde infidèle; Quand nousle croyionsmort, la mer nousl'arcDdi, Et vous saurez de lui le respect qui m'est dû.

ATTALE

Faites, faites régner un fantôme à ma place, Je vous fais peur au trône, il faut que Ton m'en cbas- Je vous l'avais bien dit, et voilà de leurscoups; [se; Je suis trahi, madame, et trahi plus que vods; Mais pour vous et pour mbi je vais faire coonaltm Que je sais mieux punir que seconder un traître.

FLAMINIUS

Qu'on l'observe; et d'abord, s'il ose rico teoter, Donnez ordre, Procule, à le faire arrêter.

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