LA COMTESSE D'ORGUEIL, ACTE I, SCÈNE IV
CARUN.
Sans monsieur le marquis J*étais sec, autant vaut.
LE MARQUIS
Oyez.
LE CHEVALIER
Mon peu de bien vous semble un grand défaut. Toujours sur ce reproche; et ne peut-il pas être...
LE MARQUIS
Mon nom vous fait honneur, on me Ta fait connaître, Il pourra vous servir à duper un bourgeois. L'alliance d'Anselme est, dit-on, votre choix, Vous muguelezsa fille, elle a de quoi vous plaire ; Et quand ce ne serait que les grands biens du père, Pour qui n'a point de pain à mettre sous les dents, C'est un trait de beauté des plus accommodants.
LE CHEVALIER
Puisque, malgré moi-même, onalu dans mon âme, Il est vrai, mon dessein est de prendre une femme, Et, comme Anselme est riche, et qu'il manque d'ap- Ma naissance m'a fait espérer tout de lui. [pui, La sienne, je l'avoue, est basse et fort commune.
LE MARQUIS
Ce n'était qu'un maraud, mais il a fait fortune ; Puisqu'il a du douzain, il est démaraudé. Sait-il votre amour?
LE CHEVALIER
Non, c'est un secret gardé.
Mais quand il l'apprendra, veuillez ne me pas nuire; Forcez-vous...
LE MARQUIS
Laissez-moi cette affaire à conduire.
Moi, parlant, moi, faisant la demande pour vous. Je crois qu'il recevra cet honneur à genoux. Un faquin qu'on a vu petit clerc de notaire, D'un cadet de marquis devenir le beau-père, S'allier des Lorgnac, peste!
LE CHEVALIER
M'offrir vos soins, Vous à qui je déplais!
LE MARQUIS
M'en déplaisez-vous moins?
Je vous décrierais bien, mais si je vous décrie, J'ai sur mon dos le fait de votre gueuserie. Au moins, quand du bourgeois vous aurez les écus. Vous battrez en retraite, et ne me verrez plus: Allez, tout de ce pas, je vais lui faire entendre Qu'il choisit un brave homme en vous prenant pour
[gendre.
S'il s'informe du bien, je suis prêt à mentir. Reposez-vous sur moi.
LE MARQUIS
Mais sans repartir.
J*agis de là. La fille est de vous fort éprise?
LE CHEVALIER
J'ignore encor pour moi quelle estime elle a prise, Mais vingt fois, dans sa rue, elle m'a remarqué.
LE MARQUIS
Voire amour autrement ne s'est point expliqué?
LE CHEVALIER
Le père étant poumons, il nous répondra d'elle. LE MARQUIS. [beik
Je vous entends, l'argent vous platt mieux que I Et pourvu qu'il vous soit bien et dûment compté, Peut vous chaud du reste.
LE CHEVALIER
Ah!
LE MARQUIS
Dites la vérité, Franchement aimez-vous? Car à moins que loi Tàter du mariage est la misère même ; [n'aiine Et je ne voudrais pas qu'une fille eût sajeU..
LE CHEVALIER
Non, Olympe est pour moi le plus charmant objet. Jamais rien de si beau ne s'offrit à ma vue; Et de tant de mérite on la trouve pourvue, Que sa seule conquête assurant mon repos, N'eût-elle aucune dot, je...
Voilà de mes sots.
Pour troisjoursdedouceurs trente ansdegueusene. Mais, si vous l'épousez, dites-moi, je vous prie, Cadet, prétendez-vous avoir beaucoup d'eoraols?
LE GHBVAUER.
Peut-on...
LE MARQUIS
Point de peut-on, car je vous le défeods. La cause est qu'il n*est point de famille nombreuse Qui , presque en moins de rien ne dégénère eo
[gueuse; Etquandl'oncleest marquis, et des plus appareols, Serviteur aux neveux qui sont dégénérants.
LE CHEVALIER
J'aurai soin que jamais aucune plainte à faire...
LE MARQUIS
Fort bien, et là-dessus je vais voir le beau-père. Carlin.
CARLIN
Monsieur.
(Le marquii parle bai à Carlin,) J'entends.
LE MARQUIS
Va, cours,le temps m'est cher, Si la marquise vient, qu'on me fasse chercher.