SCÈNE I LUCRÈCE, ORONTE
LUCRÈCE
Vous VOUS éloignez donc?
ORONTE
La peine m'est cruelle, Mais il faut obéir, l'ordre du roi m'appelle. Au moins, ce qui me rend ce malheur adouci, J'espère à mon retour trouver ma sœur ici, Et que tout sera prêt pour l'heureux hyménée Qui doit à votre sort unir ma destinée.
LUCRÈCE
Je crains un long séjour si l'ordre est important. ORONTE. [instant,
Je prends, pour moins tarder, la poste au même Etj'obtiensdanstroisjoursle bonheur quejepresse; Pourvu qu'en arrivant je trouve la comtesse, li'amilié qui nous joint la fera se hâter. Olympe cependant pourra se consulter, Je crains tout de l'époux qu'Anselme lui destine.
LUCRÈCE
J'ignore, en le voyant, ce que fera sa mine ; Mais l'ayant cette nuit longtemps entretenu, Elle veut que d'erreur chacun soit prévenu; Jamais, s'il l'en faut croire, on n'eut tant de mé- ORONTE. [rite.
Mais moi-même je viens de lui rendre visite. Votre oncle m'a mené lui faire compliment; 1 Et, puisque je l'ai vu, j'en parle savamment.
LUCRÈCE
Et que vous a-t-il dit?
ORONTE
Sottise sur sottise, Qu'un abbé lui fait pièce avec une marquise, Et que jamais ma sœur ne lui pardonnera. S'il néglige à la voir dès qu'elle arrivera.
LUCRÈCE
11 connaît la comtesse?
ORONTE
Il se le persuade.
Où l'aurait-il pu voir? Pure fanfaronnade I Le bonhomme lui-même en est scandalisé.
LUCRÈCB.
A cela près encore a-t-il l'esprit aisé ? [rire.
Rien moins, et l'on croirait qu'il cherche h hw