‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 10 sur 306 · IX · texte numérisé non relu

IX

18 VALERIE.

à VALÉRIE,.

Depuis trois ans il était mon guide, mon ami! Tandis que ses nobles récits développaient mon esprit, élevaient mon ame, son amitié attentive veillait sans cesse autour de moi.— J'aurais reconnu sa démarche, le: bruit de ses pas. Dans le salon où il entrait, je devinais sa présence. On s’effraya sans doute d’un si tendre attachement, car la comtesse de Rinsberg et sa fille ne me quittèrent plus d'un seul instant! nous ne pouvions plus nous entendre !...… Chaque matin seulement, en signe de son amitié, il me donnait un bouquet que je lui rendais le soir après l'avoir porté toute la journée; c'était là notre seul entretien! Enfin un jour il me dit : Valérie, je quitte ce château , l'honneur le veut; mais je reviendrai, ma vie est avec toi! Alors je crus mourir! je sentis avec désespoir la nuit éternelle qui couvrait mes yeux ! Il partait, il ne me laissait rien, pas même son image!

HENRI

Pauvre Valérie!

VALÉRIE

J'errais en vain dans ces allées que nous avions parcourues ensemble, sous ces ombrages, près de ces ruisseaux. Hélas! je ne voyais plus! A cette époque, mon aimable cousine, madame Blumfeld , vint au château de Rinsberg, fut touchée de mon amitié, m'accorda la sienne et m’amena avec elle dans ces lieux où je croyais trouver la tranquillité, et où je n'ai rencontré que des souvenirs, des

Page 1