‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 111 sur 306 · ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE I

ce soir, et sa vue seule. Devant elle, je ne pourrai jamais signer.

DORBEVAL.

Quel enfantillage ! Mais il faut avoir pitié de ta faiblesse. Cette signature était fixée pour onze heures au salon, eh bien ! je vais trouver le notaire, et sans en prévenir le reste de la compagnie, je l’emmène là, ( Montrant la première porte à droite.) dans MON Cabinet, ainsi que ta future et nos témoins; nous y lirons, nous y signerons ce contrat qui t’effraie, et d'ici à une demiheure, tout sera terminé entre nous, et en comité secret. Es-tu content ?

POLIGNI.

À la bonne heure.

DORBEVAL.

Pour les autres signatures, qui ne sont qu’une vaine formalité, les donnera après qui voudra. Mais afin de procéder par ordre, voici d’abord des papiers qui désormais t'appartiennent, c'est la dot de ta femme, qu’en bon et fidèle tuteur je remets entre les mains de l'époux de son choix.

POLIGNI.

Eh quoi ! déjà ?

DORBEVAL.

Puisqu’en signant tu vas reconnaître les avoir recus, il faut bien que je te les donne, et tu conviendras que c’est un beau moment que celui où l’on touche la dot! c’est peut-être même le plus { S'interrompaut.) Malheureusement tu n’en jouiras pas long-temps, car là-dessus tu as des dettes à payer.

Lajaunais, qui ce soir est des nôtres, compte sur son argent.

POLIGNI.

Oui, mon ami, je sais que de mes mains ce porte-

feuille va passer dans les siennes.

DORPEVAL.

Pas tout-à-fait; prends bien garde : tu ne lui don-

neras que deux cent mille francs.

Et pourquoi ?

DORBEVAL.

Parce que les cent mille écus qu’il me doit , c’est à moi que tu les remettras ; c'est convenu.

POLIGNI, riant.

Ah! c'est à toi! Mais alors tu pouvais les garder. : DORBEVAL.

Non, mon cher, parce qu’en affaire, la règle, Pexactitude.. Mais quand jy pense, ce Lajaunais que malgré lui je force à être honnête et à payer ses dettes !... (Riant.) C’est très-gai.

PGLIGNI.

Oui, sans doute !

DORBEVAL , riant.

Tu n’en ris pas assez.

POLIGNI.

Si vraiment , c’est très-drôle.

( Il rient tous les deux. }

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