ACTÉ 1, SCÈNE V
J’ suis millionnaire , ou je n’en suis pas loin :
J' n’y conçois rien; car toujours la richesse
Va chez les gens qui n’en ont pas besoin.
En v'nant chez nous, ell’ s’est trompé’ de route, J’ n’espérais pas la connaître aussitôt...
Mais la fortune est aveugle. et sans doute
EIV nous a pris pour des gens comme il faut.
Nous aurions huit cents florins !
BLUM
Vous le voyez. C’est notre mariage qui nous à porté bonheur... Dieux ! quelle idée ! maintenant que nous voilà riches, nous pourrons, mademoiselle Brigitte, nous marier avec un peu plus d'éclat. Ce soir, chez moi, un petit repas de noce , une réunion de famille... notre cousin le soldat, quelques amis... puis au dessert, on rira: on s’embrassera, on boira à la santé des mariés, et puis ensuite, comme ce sont des amis, j'espère qu'ils s’en iront; alors, mademoiselle Brigitte, nous resterons seuls.
BRIGITTE , baissant les yeux.
Oui, monsieur Blum.
BLUM
Nous serons chez nous.
Oui, monsieur Blum.
BLUM
Nous causerons, comme de bons bourgeois, de na
richesses et de notre avenir; et puis, madame Blum... car enfin vous serez madame Blum.
BRIGITTE
Il serait possible !
BLUN.
Tenez, mademoiselle Brigitte, si nous partions tout
de suite?
BRIGITTE
Et les clefs que je vais porter à M. Plefel... et ce souper dont vous me parliez. il faut y penser ! Je vais aux provisions; vous, pendant ce temps, allez avertir mon cousin; car il viendrait ici nous chercher à dix heures, comme c’est convenu.
BLUM
Oui, Brigitte. Je vais y aller, je te le promets. BRIGITTE.
Comment, monsieur, me tutoyer! pour la pee,
vous ne viendrez pas avec MOI; ( Tendrement.) MAIS VOUS
me trouverez chez vous.
(Elle sort. }