BRIGITTE, BLUM
BLUM, en dehors.
Mademoiselle Brigitte! mademoiselle Brigitte ! (Hentre.) Hé bien! qu’avez-vous donc à pleurer ? BRIGITTE.
Ce que j'ai? l’intendant, M. Plefel, me renvoie d'ici, à l'instant même, et il faut que je lui porte les
clefs.
BLUM
N'est-ce que cela? venez chez moi, et ne craignez
rien ; nous sommes riches maintenant.
BRIGITTE
Que dites-vous ?
BLUM
Ah! de fameuses nouvelles ! mais ça et les cinq étages, ça vous coupe la respiration. Je venais de chez le ministre luthérien qui est à deux pas, et tout est
convenu pour ce soir à minuit; lorsqu'en passant près des murs du presbytere, je me sens arrêté par le bras.
Ah mon Dieu ! je meurs de peur.
J'ai bien aussi commencé par là ; mais à la lueur du demi-clair de lune, je lève les yeux en tremblant, et vis-à-vis de moi, je vois un grand homme enveloppé d’un manteau pareil au mien. « Tiens, me dit- «il er me donnant un portefeuille. tout à l’heure, «au rendez-vous convenu... songe à tes promesses. « voici les nôtres. » et en achevant ces mots, 1lavait déjà disparu.
BRIGITTE
Qu'est-ce que cela veut dire ?
BLUM
Je n’en sais rien. Mais voilà qu’à la lueur d’un réverbère, J'ai regardé, et le portefeuille contenait des billets de banque, Banque d'Autriche : c'était écrit.
BRIGITTE
Il se pourrait !
BLUM
Il y en à pour huit cents florins. Les voilà, je vous les apporte, je vous les donne.
BRIGITTE
Arr des Amazones,
Il se pourrait ! quel bonheur, quelle ivresse!