ACTE II, SCÈNE XI. 263 . BRIGITTE
Je vous remercie, mon cousin, ainsi que mademoiselle Louisa; mais apprenez que Blum n’est pas coupable.
BLUM
Non, sans doute ; mais comment le prouver ? est-ce que vingt personnes ne m'ont pas vues avec ce maudit manteau? est-ce que vous n'avez pas dit ce soir à toutes vos connaissances que j'avais reçu huit cents florins ? Est-ce que je n’ai pas assisté à la séance qui s’est tenue?
MAURICE
Ce être un homme pertu.
BLUM
Et peudu! Il n’y a plus qu'un moyen. vous savez...
BRIGITTE
Et lequel ?
BLUM
Celui qu’on m'indiquait tout à l’heure, la chaloupe; c'est mon seul refuge.
BRIGITTE
Quoi! M. Blum, vous me quittez?
BLUM
Hélas! ou, mademoiselle Brigitte! et la nuit de nos noces | vous le disiez bien ce matin : il est impossible que jamais nous puissions être mariés.
BRIGITTE
Dieux ! quelle fatalité! et tout cela pour avoir fait
douze manteaux.
BLUM
Et un treizième par-dessus le marché; moi, qui ne m'étais jamais mêlé de politique.
Arr : Que d’établissemens nouveaux.
Adieu ! séparons-nous,
BRIGITTE
O ciel!
Combien cet adieu m'est pénible.
BLUM
Ah c'est un moment bien cruel!
MAURICE
Oui , c’être tiaplement sensible.
BRIGITTE
De l’hymen nous faisions l’essai.
BLUM
Le destin ne veut pas permettre.
Vous m'écrirez, n’est-il pas vrai ?
BRIGITTE
Oui, mais qu'est-c’ que c’est qu’une lettre !
(Hs tirent tous trois leurs mouchoirs el se mettent à pleurer. }
MAURICE
Allons, cousin, bartez ! tout de suite.
BLUM
Dieux ! l’on vient. Il n’est plus temps.
BRIGITTE
Que vois-je! mademoiselle Louisa.
MAURICE
Montemoiselle Louisa !