SCÈNE VII
MADAME PRESTO
Une lettre! votre avoué! vous savez bien qu'il n'y a plus de procès entre nous.
M. DUFOUR
Comme vous voudrez; je suis en mesure. Je suis principal locataire: et en faisant rompre un bail que le propriétaire a fait en fraude de mes droits, je vous renvoie de cet hôtel, qui est déjà achalandé, rue de Rivoli. une exposition superbe... et je vous ruine. MADAME PRESTO.
M. Dufour.
M. DUFOUR
Ou je reste avec vous, comme votre associé, comme votre genûre : c'est à vous de choisir. MADAME PRESTO.
Vous savez bien que mon choix est déjà ait.
M. DUFOUR
Oui, mais à condition que vous donnerez à votre fille une dot proportionnée à mon amour ; et vous savez que je l’aime beaucoup.
MADAME PRESTO
Beaucoup trop; votre tendresse est d’une exigence... Mais si, au lieu d’une dot assez modique, je vous faisais avoir une belle place?
M. DUFOUR
Que dites-vous ?
MADAMF PRESTO. Une place de receveur de finances à Paris ?
M. DUFOUR
Pas possible ! moi !
MADAME PRESTO
Si, j'en réponds!
M. DUFOUR
Moi ! M. Dufour, commissaire au Mont-de-Piété.
Arr des Scythes.
Moi , receveur! quel bonheur ! quelle place ! Se pourrait-il?
MADAME PRESTO
Mais soyez notre ami.
M. DUFOUR
Parlez : pour vous que faut-il que je fasse ? Neuf ans encor vous resterez ici :
Plus de procès entre nous , c'est fini.
J'en perds l'esprit.
MADAME PRESTO
Entrez dans ma famille.
# M. DUFOUR
C’est un honneur que j’ai toujours cherché, Vite au contrat. J'adore votre fille, Et vous aussi par-dessus le marché.
De plus, j’épouse sans dot.
C’est dit : touchez là, mon gendre.
M. DUFOUR
Et quels sont vos desseins ?
MADAME PRESTO
Laissez-moi faire, et taisez-vous. Le voici.
M. DUFOUR
Qui donc ?
MADAME PRESTO
Silence !