‹ Theatre Complet. Tome 9 Valerie Seconde EditionChapitre 180 sur 306 · SCÈNE VIIL. 293 SCÈNE VIIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIIL. 293 SCÈNE VIIL

M. DUFOUR, mapame PRESTO , M. DE BERLAC, M. DE NOIÏIRMONT.

M. DE BERLAC.

Oui, monsieur, je diminue le budget; j'éclaircis les comptes; je les mets à la portée de tout le monde. Les voilà : regardez; vous n’y voyez pas encore? Approchez des lumières ; n’ayez pas peur, ça ne mettra pas le feu. Des lumières partout; je ne les crains pas, je veux qu'on y voie.

MADAME PRESTO

Comme monsieur voudra; mais comme il fait grand

jour...

M. DE BERLAC.

Grand jour ! ma chère amie. Oui, vous avez raison ; c'est un grand jour, le jour de la réconciliation, du bonheur général ; car je veux désormais que tous nos administrés, que tous nos contribuables soient heureux. Quand une fois, par hasard, ils auraient de l'agrément pour leur argent, où serait le mal?

M DE NOIRMONT, à part.

Voilà bien le ministre le plus original...

M. DE BERLAC.

Et puis quand je m'en irai , je leur dirai: « Mes en- « fans, me voilà. Rien dans les mains, rien dans les « pockes. Regardez dansles vôtres,et comptez. Comme

« cela, on se sépare bons amis ; une poignée de main ,

«et votre serviteur de tout mon cœur, je m'en vais « déjeuner. »— Car nous déjeuncns, n'est-il pas vrai? (11 passe à la gauche du théâtre ; madame Presto est à sa droite.)

M. DE NOIRMONT

Moi, c’est déjà fait; mais vous , n’est-ce pas, madame l’hôtesse ?

( [ avance un fauteuil pour M. de Berlac.) MADAME PRESTO.

Oui, monsieur; oui, monsieur.

M. DE NOIRMONT, bas à madame Pres(o.

Commencez donc sur-le-champ, il n'y a pas de temps à perdre.

MADAME PRESTO

N'ayez pas peur. (A M. de Berlacavee voubüité) On va le monter à l'instant, un déjeuner soigné et délicat. Mon mari est en bas à la cuisine, qui a voulu s’en occuper

lui-même, et inon mari est un homme. c’est un homme, celui-là !

M. DE BERLAC.

C’est un cuisinier.

Cuisinier par excellence. Quand je parle d'excellence , il y en a beaucoup qui auraient voulu lavoir, et il a toujours refusé, à cause de l'indépendance de ses opinions. Celui qui aurait l'esprit de se l’attacher pe s’en repentirait pas. |

M. DE BERLAC.

Vraiment ?

(IL Lire un calpin de sa poche.)

Page 1