DUFOUR ET MADAME PRESTO
Ah!monseigneur!(M. Dufour et madame Presto vont à la table à droite , et écrivent leur pétition. }
M. DE BERLAC.
Et vous aussi, M. de Noirmont.
M. DE NOIRMONT
Vous ne me connaissez pas, monsieur, et bientôt vous saurez ce que je pense.
M. DE BERLAC.
De la fierté, c'est bien.
M. DE NOIRMONT
Je prie seulement votre excellence de jeter les yeux
sur ce mémoire. (Is se retirent un peu vers le fond, à gauche. Pendant que M. de Berlac parcourt le mémoire, Georges s’approche de Frédéric, et lui dit à voix basse :) GEORGES.
Ah ça, monsieur, d’où nous vient cette ambas-
sade ?
FRÉDÉRIC , se touchant le front.
De là; j’ai vu Émilie, elle consent à un projet qui fait le bonheur de son père et le nôtre. Le ministre a tout appris; il nous secondera, et au moment de nous embarquer à Marseille, nous serons nommés à d’autres ambassades, et de capitale en capitale...
GEORGES
Je comprends, nous yoyagerons ainsi gaiement en famille.
Tant que durera sa folie.
GEORGES
Oui, le tour de l’Europe | M. DE NOIRMONT , à M. de Berlac qui a fermé le mémoire. Vous y voyez, monsieur, que je ne veux rien, que je ne demande rien au ministre.
M. DE BERLAC.
C’est trop juste, et vous êtes sûr de l'obtenir. M. DE NOIRMONT.
Mais vous allez courir des dangers; je demande à
les partager, à ne point quitter l'ambassadeur. M. DE BERLAC.
Un pareil dévouement vous rend mon estime et ma faveur ; je vous nomme secrétaire d’ambassade. M. DE NOIRMONT.
Ah ! monseigneur !
GEORGES, bas à Frédéric.
Celui-là est incurable; les douches n’y feraient rien, et je vous conseille de le laisser aller à Constantinople.
MADAME PRESTO , se levant et présentant sa pétition à M, de Berlac.
Voici ma pétition.
DUFOUR , de mêine.
Voici la mienne.
M. DE BERLAC.
C'est bien; mais je vous ai entendu parler de pro-
SCÈNE XVII. 385 cès ; je n'en veux pas, je supprime les procès, les huissiers, les procureurs ; il faut que tout le monde se donne la main. (A Dufour.) Donnez la main à madame ( désignant madame Presto ). ( A Georges.) Vous, à mademoiselle (montrant Julictte ). (A Frédérie et à M. de Noirmont. ) Et nous aussi, (1 leur donne la main.) là...
FRÉDÉRIC , à Georges.
Eh bien! quel est le plus fou d’eux tous ?
GEORGES, les regardant.
, : . SAS Je n’en sais rien ; Mais, à COUP sûr, (montrant M. de Berlac.) ce n’est pas celui-là.