IX
vous soyez, si vous n’êtes pas lui, ne me répondez pas, et laissez-moi mon erreur. Ernest, est-ce toi? LE COMTE.
Valérie !
VALÉRIE
Dieux ! Il ne m’a donc pas oubliée !
LE COMTE
Oui, c’est Ernest, qui, fidèle à sa promesse, revient te défendre, te protéger. Veux-tu me rendre mes droits, me permettre d'être encore ton guide, ton ami? Valérie, le veux-tu ?
VALÉRIE, écoutant toujours.
Parle, parle encore, j'ai besoin de t’entendre; il
y a si long-temps que ta voix n’a retenti à mon oreille !
LE COMTE
J'allais te chercher à Olbruk, au château de Rins-
berg, dans ces lieux qui me rappelaient tant de souvenirs.
VALÉRIE
Que vous est-il arrivé ? qu’êtes-vous devenu ? que de choses vous aurez à me raconter! Vos peines, vos
chagrins, vos dangers, songez, mon ani, que je veux tout savoir.
LE COMTE
Et vous, Valérie, pendant ces trois années d’absence, que faisiez-vous ?
VALÉRIE
J’attendais. Et si vous saviez, Ernest, combien pour moi les instans s’écoulent lentement ! Vous, du