SCÈNE VL 350 FRÉDÉRIC , l’arrétant
Y penses-tu ! Ce seraittrahirl’amitié. Je réunistous mes intimes, et j'ai compté sur toi: c’est peut-être la dernière fois que nous déjeunerons ensemble.
SAINT-EUGÈNE
La dernière fois! c’est bien tentant, et si j'étais sûr que la société fût.
FRÉDÉRIC
Tout ce qu'il y a de plus mauvais sujets.
SAINT-EUGÈNE
A la bonne heure; on peut essayer de les convertir ;
c'est un but qui justifie tout.
FRÉDÉRIC
Tu acceptes ?
SAINT-EUGÈNE
Je me risque; je me dévoue à l'amitié.
FRÉDÉRIC , lui prenant la main.
A merveille; je te reconnais là. :
SAINT-EUGÈNE, d’un ton piteux.
Le repas sera-t-il un peu soigné ?
Je l'ai commandé au Café de Paris.
C’est bien; parce que, si je m’expose, je ne veux pas que ce soit pour rien. Aurons-nous du champagne ? +.
FRÉDÉRIC
Sans doute.
SAINT-EUGÈNE
Aurons-nous des dames ?
FRÉDÉRIC
Non.
SAINT-EUGÈNE
Tant pis, parce qu’on aurait été plus réservé; tu
aurais dû en inviter quelques-unes, dans l'intérêt de la morale.