ACTE Il, SCÈNE V
VALÉRIE
De moi! Parlez. J’exposerais ma vie pour être digne de partager la vôtre !
LE COMTE
| Eh bien, j'ai un ami qui vous est dévoué; et si le ciel ne trompe point mes espérances, il saura vous rendre à la lumière. Daignez vous confier à ses soins, à son zèle, et dès ce soir je vous mène auprès de lui. Quoi ! vous hésitez !
VALÉRIE
Non; mais l’idée seule me rend toute tremblante. Songez bien, Ernest, à ce que je vous ai dit ! Rien ne pourra changer ma résolution ,' et si ce projet ne réussit pas, il faut renoncer à jamais à l'espoir d’être à vous !
LE COMTE
N'achevez pas; ne m'offrez pas une pareille idée.
Dites-moi seulement que vous acceptez.
VALÉRIE
Mon ami, ayez pitié de moi; laissez-moi quelques instans , jusqu’à ce soir.
LE COMTE
Eh bien! à ce soir. Valérie, vous rappelez-vous le château dé Rinsberg, et me donnerez-vous encore votre bouquet ?
VALÉRIE
Quoi! vous"n'avez point oublié notre anéien gage
d'amitié?
LE COMTE
Aujourd'hui, si je le reçois, je le regarderai comine
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un gage d'amour, comme un consentement à notre union. Mais on vient. Adieu, adieu, Valérie.
VALÉRIE
Vous me quittez?
LE COMTE
Pour quelques instans. Je vais tout préparer; à ce
soir. Vous consentirez, n’est-ce pas?
(1 sort en saluant Henri, qui vient d'entrer par le fond.)