ACTE I, SCÈNE XL 45x
ARVED.
À quoi bon? ce n’était pas le comte Dubreuil qui venait vous voir, c'était voire neveu; et Je crois trop à votre amitié pour penser qu'un titre puisse : y ajouter quelque chose.
DUBREUIL
Non certainement, parce que moi, tu me connais; les titres, les dignités, je n’y tiens pas; mais un comte dans notre famille, c’est honorable; et puis celle que tu épouseras sera madame la comtesse. (Regardant Malvina et Arvea.} Ah ça, mes enfans ! eh bien ! qu'en dites-vous? j'étais sûr qu'avec le temps vous finiriez par vous entendre : aussi je ne suis pas pour. brusquer les choses; mais enfin, voyons entre nous, à quand la noce ?
MARIE, à port.
O ciel !
ARVED €t MALVINA.
Que dites-vous ?
DUBREUIL
Il n’y a pas ici d'étrangers, nous sommes en fa-
mille.
Arr de Témers.
Oui, tous les deux , vous vous aimez de même : Rien ne peut plus vous séparer ; Comblez les vœux d’ua père qui vous aime; C'est son bonheur, pourquoi le différer ?.… Lorsque l’on a passé la soixantaine, De se presser, ma fille, on a besoin ; Hâte-toi L’être heureuse; à peine Ai-je le temps d’en être le témoin,
452 MALVINA
MALVINA
Mon père !
DUBREUIL
Tu baisses les yeux , tu rougis: tu l’aimes , n'est-ce
pas ?
MALVINA, troublée.
Ah ! je le sens, personne, plus que lui, ne mérite d'être aimé : aussi je l’aime... (Se reprenant.) COMmMe un ami, comme un frère.
MARIE, à part, avec étonnement,
Que cela ?
DUBREUIL
C’est comme un époux qu'il faut le chérir.
ARVED.
Mon oncle, soumise à vos volontés, ma cousine
était prête à vous obéir.
DUBREUIL
Dis-tu vrai ?
ARVED,
C’est moi, moi seul, que des obstacles invincibles éloignent de cette alliance...
MARIE , à part.
Qu’entends-je !
DUBREUIL
Toi, Arved! toi, mon fils, tu me ferais un pareil chagrin ! tu refuserais ma fille, lamie de ton enfance, celle que ton père mourant t’avait destinée |
MARIE, pleurant.
Oh ! mon cousin, vous ne le pouvez pas.